LA VULVE, LE VAGIN ET LE PLANCHER PÉRI NÉ AL
Les bulbes sont deux organes érectiles entourant la vulve et non le vagin (Farabeuf) à la façon d'un fer à cheval ouvert en arrière ; ils ont la forme de deux sangsues (Kobelt), à grosse extrémité postérieure (fig. 38). Leurs veines très développées vont vers Phémorroïdale inférieure, à la honteuse interne ; elles communiquent largement avec tous les plexus veineux du périnée.
Si l'on se rappelle ces notions d'anatomie, on comprendra mieux chez la femme enceinte la gravité des
varices vulvaires, des thrombus de la vulve, des déchirures vulvaires (celles qui saignent sont les antérieures), (Bar), la gravité des hémorragies dans la symphyséotomie et la pubiotomie.
II. Vagin. — Le vagin fait avec l'axe du col utérin en position normale un angle droit ou légèrement obtus. Il est sensiblement rectiligne ou très peu concave en avant ; sa direction varie suivant l'amplitude de la vessie et celle du rectum. Sa cavité, virtuelle, forme un tube aplati, sa paroi antérieure reposant sur sa paroi postérieure; mais, à la section, sa cavité représente des aspects variables avec la zone considérée : la partie moyenne ressemble à une H majuscule ; près de l'utérus, le vagin est circulaire ; près de la vulve, il est ovalaire à grand diamètre vertical (fig. 39).
Si l'on dilate le vagin, on voit
Fig. 38. — Organes périnéaux de la femme. Ici les organes ont été dépouillés de leurs muscles.
La racine caverneuse gauche, détachée de sa surface d'insertion c, a été déjetée à droite, le corps du clitoris restant suspendu par la moitié de son ligament élastique l.s. Le bulbe droit b persiste avec la glande de Bartholin au côté de la vulve tranchée et ficelée au-dessous de l'urètre également tranché, abaissé par un crochet. A la droite du lecteur, se voit la place b' du bulbe gauche enlevé. Il n'est pas difficile de se figurer la racine caverneuse et le bulbe habillés de leurs muscles, non plus qu'un muscle transverse (Farabeuf).
qu'il ne forme pas un tube cylindrique uniforme, mais un cône tronqué à sommet inférieur. Son maximum est à la partie moyenne (ampoule vaginale de Cruveilhier). Il se rétrécit ensuite légèrement à son insertion utérine. Sa largeur varie entre 3 et 4 centimètres chez la primipare, 6 à 7 centimètres chez la multipare. Le vagin est, en outre, tellement extensible que ses parois peuvent facilement venir au contact des parois pelviennes. Sa longueur est de 7 à 8 centimètres ; la paroi postérieure est plus longue que l'antérieure de 13 à 20 millimètres (Henle).
Situé à la partie inférieure de l'excavation, il passe dans la boutonnière des releveurs, perfore l'aponévrose moyenne du périnée, s'insinuant entre l'urètre
KEIFFER ET DEVRAIGNE.
et le rectum. On peut donc lui considérer trois portions qu'il convient de bien distinguer (Bar) pour comprendre les déchirures vagino-périnéales : un segment supérieur suspendu au col utérin et fixé en haut avec celui-ci par les aponévroses du ligament large, la gaine hypogastrique, l'aponévrose pubio-sacrorecto-génitale; un segment intermédiaire répondant au releveur de l'anus dont il reste séparé par l'aponévrose supérieure du diaphragme pelvien; un
Fig. 39. — Rapports du vagin (d'après Testut),
1, vagin avec son orifice vulvaire ; 2. vessie; 3. rectum; 4, paroi abdominale antérieure; 7>, ischions; 6, pubis; 7, muscles de la cuisse; 8, obturateur interne ; 9, releveur de l'anus ; 10, diaphragme uro-génital ; 11, corps caverneux; 12, urètre sectionné avec 12', le méat; 13, plexus veineux périvaginaux ; 14, artère vaginale; 15, vaisseaux utérins; 16, uretère; 17, anses grêles; 18, grand épiploon ; 19, péritoine pariétal incisé et récliné en haut; 20, ouraque: 21, grande lèvre; 22, petite lèvre ; 23, col utérin (en pointillé).
segment inférieur en union intime avec les aponévroses périnéales et très fixe. A la base de l'hymen, orifice terminal du vagin, prennent contact avec celui-ci le feuillet ischio-vulvaire ou bulbaire et le feuillet ischio -vaginal du plancher urogénital qui enserrent le transverse profond du périnée. Les fibres musculaires longitudinales se fixent en ce point à tout ce qui entoure l'orifice vaginal. Si l'on met en regard de cette fixité de la partie inférieure du vagin l'énorme surdistension de la paroi vaginale postérieure dans l'expulsion, on comprend que le premier temps d'une déchirure périnéale soit une déchirure de cette