PHÉNOMÈNES CLINIQUES DE LA DÉLIVRANCE NATURELLE
Les phénomènes physiologiques de la délivrance se traduisent par des signes cliniques que l'accoucheur doit bien connaître pour surveiller et diriger convenablement cette phase du travail. La délivrance, plus peut-être que l'accouchement, peut en effet s'accompagner d'accidents immédiats ou éloignés dont les plus sérieux sont les hémorragies et les rétentions partielles du délivre. C'est par la connaissance de la physiologie de la délivrance et des symptômes cliniques qui lui correspondent qu'on pourra les éviter le plus souvent.
Trois signes cliniques principaux dominent la phase de délivrance : 1° L'apparition des arrière-douleurs ;
2° Les changements de situation, de forme, de volume, de consistance du corps utérin ;
3° L'écoulement sanguin externe.
Signes subjectifs. — Après la sortie de l'enfant, la parturiente éprouve un soulagement immédiat, un état de bien-être profond ; il s'écoule encore par la vulve une certaine quantité de liquide amniotique chassé par la rétraction utérine et dont l'expulsion complète l'évacuation du contenu de l'œuf. Les douleurs ont disparu ; l'utérus ne se contracte plus.
Au bout d'un temps, variable de cinq à quinze minutes, la malade accuse de nouveau la sensation d'une contraction utérine, d'une colique, mais bien moins intense que celles de la période d'expulsion. La douleur cesse, puis au bout de quelques minutes survient une nouvelle contraction un peu plus forte, puis une autre. Ces contractions ou arrière-douleurs se succèdent à trois ou cinq minutes d'intervalle, en devenant de plus en plus fortes. Elles s'accompagnent parfois d'un léger suintement sanguin par la vulve. Après un certain nombre de contractions utérines, la femme accuse de nouveau le besoin de pousser. Si un effort d'expulsion se produit, le placenta peut être chassé hors de la vulve, suivi des membranes dont la dernière partie sort en bavant. L'ensemble de ces phénomènes d'expulsion spontanée se déroule en un temps variant de quinze minutes à une heure. Souvent cependant, lorsque la délivrance est abandonnée aux seuls efforts de la nature, cette durée peut être notablement augmentée. Une statistique de la Maternité de Strasbourg montre que, le plus souvent (69 fois sur 100), la sortie spontanée du délivre se fait dans les deux premières heures qui suivent l'accouchement ; mais, dans quelques cas, elle peut se faire attendre huit et même douze heures.