C. Le col est mou, le corps uniformément contracté
Les difficultés de réduction sont à leur maximum, car le corps utérin dur ne se déplisse pas ; aussi échoue-t-on souvent aux premières tentatives de réduction manuelle. L'emploi des ballons élastiques combiné à des manoeuvres réitérées de réduction manuelle est, dans ce cas, particulièrement indiqué.
Inversion irréductible. — Lorsque toutes les tentatives de réduction ont échoué, l'inversion est dite irréductible. Il est impossible de préciser le moment où survient l'irréductibilité, car certaines inversions le sont dès le début ou dès les premières heures, tandis que d'autres sont encore réductibles après plusieurs semaines. C'est l'échec des tentatives qui constitue l'irréductibilité. Au bout d'un certain temps, il se produit des adhérences péritonéales qui rendent l'irréductibilité encore plus tenace.
L'inversion irréductible est justiciable de toute une série d'opérations sanglantes, hystérotomies et hystérectomies, que nous devons rappeler :
A. Par le vagin, on peut pratiquer :
1° Des sections simples du col ou débridement de l'anneau ;
2° La colpotomie postérieure ou antérieure, suivie soit de dilatation au doigt de l'entonnoir utérin avec libération des adhérences (Doyen, Struthers), soit d'hystérotomie médiane poursuivie de bas en haut jusqu'à ce que la réduction soit possible (Doyen, Oui, Gayet, Kiistner) ;
3° L'hystérectomie vaginale, qu'on pratique lorsque des tentatives de réduction après hystérotomie ont échoué.
L'ablation de l'utérus à l'écraseur ou avec un lien élastique, pratiquée autrefois, est aujourd'hui abandonnée et remplacée par l'extirpation rationnelle de l'utérus (Péan), de préférence par section médiane et ablation bifragmentaire.
B. Par V abdomen, on a pratiqué :
La laparotomie, suivie de dilatation au doigtde l'entonnoir utérin (Gaillard- Thomas, Gross), ou de l'extirpation totale de l'utérus par l'abdomen (Gross). Ce sont des procédés inférieurs aux opérations vaginales.
En somme, en présence d'une inversion utérine irréductible, on doit essayer tout d'abord les méthodes conservatrices (incisions vaginales de Kùstner, par exemple). En cas d'échec, on pratiquera l'hystérectomie vaginale (Segond, Pozzi, Fresson).