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DÉLIVRANCE ARTIFICIELLE

La délivrance artificielle consiste dans l'introduction de la main à l'intérieur de la cavité utérine pour décoller et extraire l'arrière- faix. Elle est donc

COMMANDEUR

distincte de l'extraction manuelle simple, dans laquelle on va saisir avec la main le placenta décollé et tombé dans le segment inférieur.

Pratiquée couramment autrefois par Mauriceau et ses successeurs qui craignaient de voir l'utérus se refermer et emprisonner le délivre, elle donnait lieu à des accidents infectieux si fréquents qu'on ne tarda pas à y renoncer et à confier à la nature le soin d'expulser le délivre. De nos jours, elle a bénéficié de l'innocuité que l'antisepsie a donné aux manoeuvres intra-utérines. Ses indications se sont précisées et elle a repris parmi les opérations obstétricales le rang qu'elle mérite.

Indications. — La délivrance artificielle constitue le traitement de choix de la plupart des accidents redoutables qui peuvent surgir pendant la délivrance. On la pratique dans les hémorragies et dans les rétentions du placenta. C'est une opération d'urgence que tout médecin doit savoir faire et bien faire (Brosset).

1° Hémorragies. — C'est certainement l'indication la plus fréquente. On la retrouve dans 60 à 80 p. 100 des cas (Guttmann, Brosset).

L'hémorragie peut se présenter sous deux aspects : tantôt elle est très abondante d'emblée, parfois foudroyante. Ce caractère constitue à lui seul l'indication formelle et immédiate de la délivrance artificielle. Tantôt l'hémorragie est plus lente, se fait par un suintement continu ou par à-coups successifs ; le moment d'intervenir est alors plus difficile à préciser. Cependant d'une façon générale, l'apparition des signes de l'anémie aiguë doit décider l'intervention. La pâleur de la face, et surtout l'élévation permanente du pouls au-dessus de 100, en sont une indication formelle.

Lorsque l'hémorragie est purement interne, que l'utérus grossit et se ramollit progressivement, il y a peu de chances de voir l'inertie céder et la délivrance se faire spontanément ; aussi, dans cette forme d'hémorragie, faut-il se décider plus rapidement encore à la délivrance artificielle qui en constitue le traitement de choix.

2° Non-délivrance ou rétention totale du placenta. — Il est difficile de fixer à quel moment précis on est autorisé à dire qu'il y a rétention du placenta. D'après Maleterre, c'est au bout d'une heure. Cette limite est trop étroite et il n'est pas rare de voir la délivrance se terminer spontanément ou par une extraction simple facile, au bout de deux ou même trois heures. Après ce temps, si les tentatives prudentes d'extraction ont échoué, il vaut mieux ne pas les renouveler et se décider à introduire la main dans l'utérus pour reconnaître la cause de la rétention et lever les obstacles qui s'opposent à l'issue du délivre. Ce délai, d'ailleurs, n'a rien d'absolu et peut s'étendre au delà de trois heures.

Nous avons déjà étudié ces obstacles : ce peut être l'incarcération totale du placenta par rétraction de l'anneau de Bandl, ou son encadrement par les anneaux musculaires qui bordent sa périphérie, ou encore l'emprisonnement du délivre dans un chaton ou une corne utérine inerte. D'autres fois, le placenta est retenu par des adhérences anormales qui s'opposent à son décollement

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