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ÉTUDE CLINIQUE DE LA RÉGRESSION UTÉRINE

L'examen chimique montre dans les lochies la présence d'albumine, de mucine, de graisse saponifîable, de sels de chaux, de phosphates alcalins, de chlorures, de fer ; les parties solides variant de 267 à 285 p. 1000.

On peut y trouver aussi des ferments leucocytaires (Jachmann).

La bactériologie des lochies normales a été étudiée pour la première fois par Haussmann et Hugh Miller, puis reprise par Doléris, Dôderlein, Winter, Ott, Bumm, Burckhardt, Franqué, Zweifel, Menge, Krônig, Jeannin, Fabre, etc.

Dôderlein, en 1887, montra que la cavité utérine est stérile dans les suites de couches normales. Les lochies utérines normales ne contiennent pas de microbes. Ce fait a été vérifié par V. Ott, Thomen, Franqué, Walthard, Krônig. Burckhardt, en 1898, combattit ces recherches ; pour lui, les lochies utérines contiennent des microbes dans 85 p. 100 des cas, lorsqu'elles sont examinées le onzième jour des suites de couches ; elles sont stériles dans les premiers jours après l'accouchement. Dôderlein et Winternitz, en 1900, pour vérifier les assertions de leurs contradicteurs, ont repris des recherches nouvelles. Elles ont porté sur 250 cas d'accouchées dont les suites de couches étaient normales, et ces auteurs ont publié les résultats suivants : 207 fois, la sécrétion utérine était stérile = 83 p. 100 ; 18 fois, il y eut une culture positive sur milieu aérobie = 7 p. 100 ; 25 fois, ils ne trouvèrent que des microbes anérobies = 10 p. 100. En isolant les différentes espèces microbiennes, ils purent reconnaître le streptocoque, 5 fois; le staphylocoque, le gonocoque, des bâtonnets et des cocci,des bâtonnets épais, 1 fois ; des cocci isolément dans 6 cas, des anaérobies non spécifiés dans 25 cas, et des éléments indéterminés dans 3 cas. Les résultatsde Burckhard sont dus, d'après Dôderlein et Winternitz, à une technique vicieuse ou à ce fait que les femmes examinées n'étaient pas complètement apyrétiques. Dans les 17 p. 100 des cas où ils trouvèrent des microbes, il n'y avait pas de fièvre ; les suites de couches paraissaient normales, mais l'examen microscopique montra cependant la présence de globules de pus dans les écoulements; ces femmes étaient atteintes d'infection latente. Cependant Franz (1902), Little (1905), Bumm et Siegwart, Stolz soutiennent que très rapidement la cavité utérine est infectée après l'accouchement; Zweifel, admet ce fait ; Dôderlein, Burckhard, Max (1903), Little ont trouvé l'utérus stérile dans les premières vingt-quatre heures. Franz, Stolz, Bumm et Siegwart l'ont trouvé contaminé à cette époque dans 50 à 72 p. 100 des cas. A partir du quatrième jour, tous les bactériologistes sont d'accord pour trouver des germes dans l'utérus, les proportions varient de 33 à 85 p. 100, et encore, dans nombre de travaux, il n'y a pas eu de culture anaérobie (Jeannin, 1902). Il n'y a donc rien d'impossible à ce qu'avec des méthodes plus rigoureuses on puisse trouver, suivant la remarque de Bumm et Siegwart, des germes pathogènes chez toutes les accouchées. Ces germes sont fréquents à partir du quatrième jour et peuvent même exister sans fièvre.

Enfin les recherches de Fabre ont montré par la culture sur « blut-agar » la fréquence du streptocoque hémolysant. Ces porteurs sains de streptocoque sont dangereux, car, inoffensifs chez une femme, ils peuvent chez une autre entraîner la mort rapide, d'où la nécessité de ne pas inoculer le vagin d'une

MACÉ ET CHIRIÉ.

accouchée avec la flore vaginale d'une autre femme même semblant saine.

Régression utérine. — L'étude anatomique de la régression utérine nous a déjà fait connaître comment se fait l'involution de l'utérus. Le médecin doit en surveiller la marche progressive : à cet effet, il étudiera par le palper, la distance qui sépare le fond de l'utérus du pubis ; on évitera les causes d'erreurs, en provoquant l'évacuation du rectum et de la vessie. M. Wallich a insisté dernièrement encore sur ces faits. Chaque fois que le fond restera perceptible après le dixième jour, il faudra surveiller encore plus attentivement la femme. Dans tous les cas, le médecin vérifiera attentivement la situation de l'utérus; il réduira l'antéversion et la rétroversion, si elles existent : dans le premier cas, la position horizontale et le port d'une ceinture avec tampon sus-pubien suffira généralement ; dans le second, il y aura avantage après réduction à faire porter un pessaire, surtout s'il s'agit d'une rétroversion antérieure à la grossesse {Bar).

Tranchées utérines. — Les tranchées, les coliques utérines sont des contractions douloureuses de l'utérus qui surviennent après l'accouchement, avec une fréquence très variable suivant qu'il s'agit de primipares ou de multipares. Les premières en sont généralement exemptes. Ces douleurs ont une durée variable : en général, chaque contraction douloureuse dure une demi-minute à une minute ; elle est localisée au niveau de i'utérus ou s'accompagne d'irradiations sur les parties latérales et dans la région lombaire.

Elles sont quelquefois suffisamment douloureuses pour provoquer des plaintes assez fortes de la part de la malade. Dans certains cas, chez des femmes nerveuses, elles peuvent provoquer des malaises aboutissant dans quelques cas rares à la syncope. Dans d'autres cas, elles sont à peine signalées. Elles se manifestent dès la délivrance et cessent au bout de trente-six ou quarante-huit heures. Lorsqu'elles durent plus longtemps, on doit penser à une rétention des membranes ou de caillots (Bar) : elles sont intermittentes et sont suivies d'un écoulement de sang ou de liquide sanguinolent. Trois phénomènes caractérisent donc les tranchées : la contraction du globe utérin perceptible par la palpation de l'hypogastre, la douleur concomitante, Y écoulement de lochies. La rétention de débris placentaires ou membraneux, de caillots, la réplétion de la vessie et du rectum, qui gênent l'évacuation des lochies et favorisent leur accumulation dans l'utérus provoqueront des contractions douloureuses ; certains mouvements de l'accouchée, les premières tentatives d'allaitement les favorisent encore, et, chacun sait qu'il est commun de les voir se produire au moment de la tétée.

Lorsque les tranchées existent et sont assez fréquentes et douloureuses pour gêner l'accouchée, il est facile de les faire disparaître au moyen d'une thérapeutique très simple : 50 centigrammes à 1 gramme d'antipyrine, 50 centigrames à 1 gramme d'aspirine ou de pyramidon suffisent en général. On peut y associer des applications abdominales chaudes : compresses, linges chauds, sacs de caoutchouc remplis d'eau chaude, etc. Si ces moyens ne suffisent pas, un lavement contenant X à XV gouttes de laudanum peut être employé avec profit. Dans les cas où, malgré cette thérapeutique, les tranchées persistent, il est bon

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