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PHÉNOMÈNES GÉNÉRAUX DE LA RÉGRESSION UTÉRINE

d'explorer l'utérus, de faire, si c'est nécessaire, une injection intra-utérine précédée d'un curage digital qui détachera et enlèvera les caillots restés dans la cavité utérine. Il y a donc deux buts à rechercher dans le traitement de ces coliques douloureuses : calmer la malade et favoriser l'évacuation des produits retenus.

B. Phénomènes généraux. — II' est important de connaître l'état général de la femme accouchée normale pour pouvoir mieux dépister les cas pathologiques. Nous en étudierons les principales manifestations.

Température. — La température axillaire des accouchées normales oscille entre 36° et 37°. Rarement cette température est plus élevée après l'accouchement. Hecker, von Grûnewaldt, Dorhn, Wolf, Winckel, Schrôder, et plus récemment Varnier et C. Daniel, admettent qu'à ce moment elle peut être de 37°,5 à 37°, 6, pour s'abaisser immédiatement quelques heures après. Elle reste stationnaire pendant toute la durée des suites de couches normales. Une élévation de température devra donc toujours faire penser à un accident dont il faut rechercher la nature. «La température chez les accouchées ne doit pas dépasser la normale 37°; déjà même, au moment de la montée laiteuse, on doit avoir l'attention en éveil » (Pinard). Ce chiffre peut être dépassé, sans qu'il y ait infection utérine, quand la montée est très forte et la femme très nerveuse.

La température axillaire donne souvent lieu à des erreurs: aussi est-il préférable de prendre la température rectale toutes les quatre ou six heures, dès qu'on voit une élévation de température se produire.

Pouls. — Le pouls est ralenti dans les suites de couches normales, et ce ralentissement se constate déjà quelques heures après la délivrance (Winckel), Il bat environ 72 fois à la minute. Ce fait a été bien établi, depuis Whytt, par M. Clintock, Blot, Marey, Lefort, Hemey, Loraïn, etc.

D'après Louge, le pouls descend au-dessous de la moyenne après la délivrance. A partir de ce moment, ou bien le pouls oscille entre 72 et 80 sans tomber au-dessous, ou bien il descend momentanément à 60-58, ou bien il descend et reste pour la durée des suites de couches entre 50 et 46, puis revient progressivement au chiffre normal. Ce ralentissement, comme on le voit, ne serait pas constant. Pour Falaschi, il existerait dans un quart des cas, pour Olshausen, dans 63 p. 100 des cas. Il apparaît de huit à quarante-huit heures après la délivrance, atteint son maximum à la fin du deuxième jour (Blot), de quarante-huit à soixante heures (Falaschi), du cinquième au huitième jour (Loehlein), du cinquième au septième jour (Olshausen), au septième jour (Louge, Baumfelder), du septième au neuvième jour (Deutel), au neuvième jour(Megburg). Karl Heil a nié les conclusions de tous ces travaux. Pour lui, le ralentissement du pouls peut s'observer pendant les suites de couches, mais peut aussi se voir pendant la grossesse. Varnier a repris cette question et a montré que la courbe du pouls était inférieure pendant les suites de couches à la courbe du pouls pendant la grossesse ; dans 72 p. 100 des cas, il y a un ralentissement indéniable ; dans 2 p. 100 des cas, le pouls est au-dessus de 75; dans 57 p. 100 des cas, il oscille autour de 75; dans 40 p. 100, il est au-dessous de 75.

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MACÉ ET CHIRIÉ.

Le ralentissement du pouls est plus accentué chez la multipare et la montée laiteuse ne le modifie pas. Pour l'expliquer, on a invoqué une augmentation du travail du coeur droit, suite de la stase abdominale et pulmonaire qui su'it l'accouchement (Spiegelberg) ; la diminution de Ja masse de sang qui traverse le cœur ; l'endocarde étant faiblement excité par une moindre quantité de sang il y aurait ralentissement (Fritsch, Lewisohn). On a encore pensé qu'il y avait excitation du pneumogatrique, périphérique (Swiencki, Cari, Kaltenback, Schlayer), centrale (Olshausen), excitation du ganglion de Frankenhauser (Fehling).

Les tracés recueillis au sphygmo graphe montrent qu'après la délivrance la ligne d'ascension croît, atteint son maximum au bout d'une heure, pour décroître graduellement et reprendre le type normal.

La tension artérielle pendant le postpartum, a été étudiée par de nombreux auteurs (Baranger, Chapon, Weissner, Queirel et Raynaud, Fellner, Pflugbeil, Schrœder, Beau, Pouliot, Vaquez, Chirié, etc. De tous ces travaux, il résulte que, très rapidement après la délivrance, la tension reprend le type normal et descend même un peu au-dessous de ce chiffre, surtout si la femme a perdu une assez grande quantité de sang.

L 'examen du sang montre que la leucocytose de la grossesse tombe, soit brusquement en vingt-quatre heures, soit plus souvent en deux ou trois jours. Le taux des hématies s'abaisse également souvent pendant deux ou trois jours pour se relever ensuite. Entre le troisième et le sixième jour, on constate une légère réaction éosinophile ; 3,5 p. 100 en moyenne (Carton). Après les accouchements gémellaires et l'expulsion de foetus morts et macérés, l'éosinophilie est plus marquée : elle peut varier entre 6 et 9 p. 100 (Carton).

Le sérum sanguin aurait des propriétés antitryptiques plus marquées (Jackmann).

C. Divers appareils. — Appareil urinaire. — La quantité des urines émises pendant les suites de couches varie beaucoup avec chaque individu. Quinquaud l'estimait à 2 litres, 2m,500. Cette polyurie est surtout manifeste le deuxième et le troisième jour des suites de couches. Elle est plus accusée chez les femmes qui ont eu de l'œdème à la fin de la grossesse. La quantité d'urine baisse, puis subit une nouvelle élévation entre le cinquième et le septième jour (Wincker, Henrichsen, Klein wâchter, Grammatikati). La quantité moyenne des urines émises journellement dans la première semaine est, pour Winckel,de 1.400 à 2.000 grammes. Fehling a aussi remarqué que, dans les suites de couches, la femme émettait beaucoup plus d'urine que pendant la grossesse. La densité de l'urine oscille entre 1 010, 1 018 à 1 022 dans les premiers jours et va parfois jusqu'à 1 025 chez les nourrices.

La teneur en sels de ces urines est modifiée. Il y a tout d'abord accroissement de l'urée, des chlorures, des sulfates et des phosphates. Au bout de quatre jours, la quantité moyenne de ces sels redevient à peu près normale, et l'on peut voir apparaître du sucre (lactose) dans des proportions variables ; on peut trouver quelquefois de l'acétone (Mercier, Menu), des peptones substance qui provient de la destruction des cellules musculaires utérines (Fischel, Truzzi, Barone).

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