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APPAREIL UR1NAIRE DE LA FEMME ACCOUCHÉE

Du côté de la vessie, deux phénomènes peuvent se produire avec une fréquence et une gravité bien différentes : la rétention cC urine et la cystite.

La rétention d'urine est très fréquente ; on l'observe douze heures après l'accouchement dans la moitié des cas (Winckel) ; dans 6 à 10 p. 100 des cas, sa durée peut atteindre vingt-quatre à trente-six heures. On doit toujours penser à s'assurer des premières mictions : souvent, en effet, en examinant l'abdomen, on constate, en recherchant la hauteur de l'utérus, que cet organe est fortement rejeté sur un côté, ordinairement à droite, et que son fond très élevé a dépassé l'ombilic. Cette situation anormale est due à la distension exagérée de la vessie qui fait d'ailleurs saillie dans la région hypogastrique sous la forme d'une tumeur rénitente et mate. La palpation de cette tumeur provoque une sensation pénible, quelquefois douloureuse, en même temps qu'elle détermine l'envie d'uriner. Ces douleurs ont été parfois assez vives pour faire penser à des accidents péritonéaux. Le cathétérisme suffit pour faire disparaître la tumeur et les douleurs, et il est de règle qu'après cette première intervention la malade recommence à uriner spontanément. Cependant, lorsqu'il y a contusion du bas-fond de la vessie ou fissure de l'urètre, cette rétention peut se manifester de nouveau le lendemain, et l'on peut incriminer, soit une des causes que nous avons déjà signalées, soit la position horizontale qui, chez certaines femmes, rend la miction difficile et souvent impossible. On fera le cathétérisme avec les précautions habituelles que comporte cette petite intervention. On évitera, bien entendu, d'yrecourir trop hâtivement : il n'est jamais bon de sonder une malade, encore moins une puerpérale.

Dans certains cas, il y a miction par regorgement ; la rétention existe, bien que la femme affirme uriner seule. Le ventre est volumineux, douloureux ; c'estdans ces cas surtout qu'on peut faire des erreurs de diagnostic. Il suffira de sonder la femme, et l'on évacuera quelquefois plusieurs litres d'urine. Il sera bon, dans ■ce cas, de faire uriner et au besoin de sonder la femme à plusieurs reprises, toutes les six ou douze heures par exemple, pour permettre au muscle de revenir sur lui-même.

La pyurie peut s'observer dans les suites de couches ; elle résulte d'une lésion (cystite, pyélite) antérieure à l'accouchement, ou se produit pendant les suites de couches, à la suite d'un cathétérisme malpropre.

Il est nécessaire de rappeler que la pyurie de la pyélite gravidique tenace dure longtemps (Bar) et nécessite souvent des interventions spéciales comme le lavage du bassinet après cathétérisme urétéral (voir t. II, Pyélite gravidique).

La cystite peut encore être produite par une contusion de la muqueuse du ■col ou du bas-fond de la vessie, contusion provoquée par la tête foetale ou une intervention difficile ou mal conduite. Elle donne lieu aux symptômes ordinaires : envies fréquentes d'uriner, douleurs à la fin de la miction, évacuation d'urines purulentes et quelquefois sanguinolentes quand la contusion vésicale a été prononcée. Ces phénomènes chez l'accouchée sont passibles du traitement ordinaire : lavages au nitrate d'argent à 1 p. 1000 ou 1 p. 2000, à Télectrargol,

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