MACÉ ET CH1RIÉ
instillations d'huile gomenolée à 10 p. 100 (10 à 20 centimètres cubes par instillation). Il est bon de commencer par un traitement médical; on met les femmes au régime lacté et on leur fait prendre à l'intérieur de l'urotropine (deux ou trois cachets de 50 centigrammes par jour) ou du benzoate de soude ; en même temps que le lait, l'on donnera des tisanes en grande abondance.
Enfin on peut voir survenir des infections urinaires au cours de l'infection puerpérale. On trouve souvent alors dans l'urine des coli-bacilles et les saprophytes habituels ; mais l'examen montrera, dans quelques cas, la présence de staphylocoques ou de streptocoques. Les signes, le traitement sont les mêmes que ceux déjà décrits ; mais le pronostic est plus sombre; la guérison est plus longue et l'affection peut se compliquer d'une pyélite ascendante en général grave, et même quelquefois de phlegmon périnéphrétique.
Appareil digestif. — L'intestin, pendant les suites de couches, peut être le siège de manifestations de gravité très variable. Nous ne citerons que pour mémoire les observations de Budin, Lavergne, Le Guern, Herrgott, Collignon, Demelin, Brindeau, Macé, C. Daniel, Maygrier et Lemeland, etc., parues dans ces années dernières. On peut constater du tympanisme, l'obstruction intestinale, l'étranglement interne par brides, la typhlite, la pérityphilite, l'appendicite. La plus fréquente est la constipation simple qui peut s'accompagner de céphalalgie et même de fièvre légère avec tension du ventre, élévation en masse de l'utérus qui peut paraître plus gros qu'il ne l'est en réalité.
A un degré plus marqué, les accidents peuvent revêtir la forme fébrile ou la /orme occlusion. Avec la forme fébrile, on peut observer un syndrome grave, fièvre élevée, langue saburrale, haleine fétide, ventre météorisé, douloureux, caecum ou S iliaque empâté ; le nez est pincé, le faciès grippé, mais il n'y a pas denausées, pas de vomissements, et l'évacuation de l'intestin fait tout rentrer dans l'ordre (Budin, Demelin) ; on a pu, dans quelques cas, observer des hémorragies intestinales, même abondantes (Demelin), et cela en dehors delà fièvre typhoïde.
Enfin, on a rencontré la péritonite colibacillaire, causée par propagation d'une infection colibacillaire localisée d'abord à l'intestin (Demelin), ou par perforation au cours d'entérocolite ulcéreuse (Herrgott).
En pareil cas, le diagnostic avec l'infection puerpérale à forme septicémique et surtout péritonéale est bien difficile, en raison du polymorphisme de la péritonite puerpérale.
Dans le plus grand nombre de cas, on se trouve en présence de la forme occlusion. A la suite d'accouchements, longs et pénibles, terminés par une intervention, on voit se produire un ballonnement quelquefois considérable, avec vomissements alimentaires et bilieux, constipation opiniâtre sans émission de gaz: le syndrome est causé par la paralysie de l'intestin plus ou moins contusionné pendant le travail. Le placement d'une sonde rectale, l'entéroclyse chaude, enfin et surtout le lavement électrique peuvent réveiller les contractions et rétablir le cours des matières; en dernier recours, on pourra s'adresser à l'entérostomie qui semble donner de bons résultats à condition d'être précoce.
Enfin, dans certains cas rares, on se trouvera en présence d'une occlusion vraie