SOINS A DONNER DANS LE COURS DES SUITES NORMALES
trum (1), avant de donner du lait. Pour eux, la cause qui détermine la sécrétion gravidique agit encore après l'accouchement : c'est une hormone spéciale fournie par la glande myométriale. La sécrétion déclanchée est entretenue par un excitant nouveau, exogène, la succion du nouveau-né qui entretient la sécrétion sans toutefois pouvoir la déterminer.
D. Des soins a donner a la nouvelle accouchée dans le cours des suites de couches normales. — En premier lieu, le médecin devra surveiller attentivement la température et le pouls. Les modifications observée de ce côté éveilleront son attention, et il devra en chercher les causes dans l'utérus, les seins, les voies urinaires, les autres appareils. Les soins à donner à la nouvelle accouchée doivent être aussi simples que possible. La conduite qui est la plus employée consiste à faire des toilettes externes fréquentes, trois fois en moyenne par jour : avant la toilette, on fait uriner la femme, puis on nettoie à l'eau bouillie les organes génitaux externes ; enfin on assèche et place sur la vulve une feuille de coton hydrophile stérilisé. La tendance actuelle de plus en plus suivie est de ne donner d'injection que d'une façon tout à fait exceptionnelle.
Les injections sont indiquées quand les lochies deviennent odorantes; il suffit quelquefois d'un caillot qui séjourne dans le vagin pour donner une odeur fétide à l'écoulement. Une ou deux injections suffiront à entraîner ces débris; certains accoucheurs ont systématiquement recours à cette pratique vers le 2e, 3e jour. On peut employer l'eau simple bouillie contenue bien entendu dans un bock bouilli armé du tuyau de caoutchouc et de sa canule bouillis (le plus simple est encore de faire bouillir tout l'appareil prêt à servir et d'utiliser l'eau dans laquelle le bock a bouilli) ; on peut y ajouter de l'eau oxygénée au tiers ou de la liqueur de Labarraque à la dose d'une cuiller à soupe par litre, ou de liqueur iodo-iodurée à 1 p. 1000.
S'il existe des plaies vulvo-vaginales superficielles, il faut les surveiller; les attouchements à l'iode fraîchement préparés constituent le meilleur traitement ; si ces plaies se recouvraient de fausses membranes, devenaient grises, on pourrait faire le pansement à la bouillie lactique (Brindeau). S'il y a eu une déchirure suturée après l'accouchement, on surveillera avec attention les fils, pour voir s'ils ne coupent pas; dans tous les cas, il y aura intérêt à attendre un certain temps, huit à dix jours, avant de les enlever. Si les fils s'infectent, il faut les retirer, puis, mettre la plaie à nu et faire un pansement à la bouillie lactique en plaçant une compresse imbibée du liquide entre les deux lèvres de la plaie.
Lorsque, pour une raison quelconque, la réparation n'a pas été faite immédiatement après la délivrance, ou a échoué, on peut encore aviver la plaie pendant les suites de couches et la suturer à nouveau : c'est la périnéorraphie immédiate secondaire. Dans le cas contraire, on interviendra deux ou trois mois après l'accouchement, en employant les procédés préconisés en gynécologie.
Enfin quelques auteurs (Potocki, Brindeau, Perret, Plauchu, etc.) ont profité
(1) Pour Czerny, le colostrura est du lait modifié par stagnation dans les voies excrétrices de la mamelle.
MACÉ ET CHIRIÉ.
du séjour au lit de la femme accouchée pour réparer des lésions périnéales antérieures à l'accouchement (déchirures complète, incomplète, fistule rectovaginale). Les décollements se font avec une telle aisance que ces opérations sont très faciles.
Au point de vue alimentaire, le médecin devra établir un régime bien défini. Dans les vingt-quatre premières heures qui suivent l'accouchement, il sera donné peu d'aliments solides, de préférence des aliments liquides, faciles à digérer. A partir du deuxième jour, l'accouchée pourra reprendre son régime ordinaire, en évitant cependant tout ce qui est contraire à l'alimentation d'une nourrice. Le troisième jour, on lui donnera un purgatif, avec au besoin un lavement qui débarrasseront complètement l'intestin. L'accouchée sera ensuite mise au régime ordinaire. On tâchera d'avoir une selle quotidienne, naturelle ou à l'aide de laxatifs. Si la femme présente l'albuminurie ou une élévation de la tension artérielle, on la laissera au régime lacté ; quand l'albumine aura diminué (25 centimètres par exemple au tube d'Esbach), ou si la femme a simplement de l'oedème, on pourra employer le régime déchloruré ; puis, quand tout sera terminé, elle reprendra le régime normal.
S'il survient des crevasses, on attouchera à la teinture d'iode fraîche lespetites plaies du mamelon (voir Abcès des seins, p. 100). Dans tous les cas, on lavera attentivement avec de l'eau alcoolisée les mamelons après chaque tétée.
On aura soin de maintenir un bandage autour de la paroi abdominale ; le plus simple est d'employer une bande de flanelle ou une large bande de crêpe Velpeau. Sous cette influence la régression de la paroi se fait mieux. Dans tous les cas, quand la femme se lèvera, il sera bon de maintenir l'abdomen à l'aide d'une ceinture.
3° Anomalies de l'inyolution. — Dans certains cas, on peut voir Fin volution utérine s'arrêter avant d'être complète, ou au contraire dépasser la régression habituelle : on a donné à ces deux phénomènes le nom de subinvolution, super-involution.
Sub-involution. — C'est Simpson qui, le premier, en 1852, attira l'attention sur un état d'hypertrophie de l'utérus auquel il donna le nom de sub-involution. Cet état fut décrit à nouveau par Snow Beck et depuis semble admis par tous les auteurs, Au point de vue anatomique, l'état de l'utérus subinvolué est encore mal connu. Il est certain que l'élément inflammatoire joue un grand rôle.
La cause première du retard dans l'involution de l'utérus est Vinfection ; la preuve de cette opinion est donnée par ce fait que, dès qu'un signe d'infection utérine apparaît, immédiatement on voit l'utérus s'arrêter dans sa régression, son col rester perméable et béant, et ce retard dans l'involution peut être plus durable que l'infection qui l'a créé (Doléris).
On a invoqué la rétention de débris placentaires ou déciduaux, les troubles vasculaires locaux (dilatation des plexus veineux pelviens), les maladies générales infectieuses, l'obésité. L'action du non-allaitement est bien minime s'il n'y a pas infection. Le surmenage par grossesses répétées exercerait une action (Doléris). Quant aux déviations utérines, antéflexion, rétroversion, en