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DE L'ÉTAT DE NOURRICE

Physiologie de la nourrice. — Nombre d'auteurs, contrairement à J.-J. Rousseau, ont depuis longtemps admis que la femme nourrice est plus susceptible aux influences morbides acquises ou accidentelles (Bichat, Trousseau, Peter, Monneret, etc.).

Il ne semble pas que les recherches modernes aient modifié ces données déjà anciennes. Le litre de lait de femme contient 16 grammes de matières albuminoïdes, 2§r,50 de sels, 35 grammes de beurre, 65 grammes de lactose; exprimée en calories, la valeur de ces substances est de 670 calories, soit le tiers de la ration alimentaire (Vitry). Il résulte de cet état un surmenage dans les fonctions d'élaboration, et des modifications anatomiques et fonctionnelles qui affectent les principaux organes de la nourrice; aussi la physiologie générale de la femme dans la période de lactation s'écarte-t-elle légèrement de la normale.

Ces modifications prédominent du côté du foie. Au point de vue anatomique, on trouve une surcharge graisseuse à disposition centro-lobulaire (de Sinéty, Cornil et Ranvier), à localisation moins nette (Vitry). Au point de vue fonctionnel, les différentes fonctions sont modifiées : modifiée l'action lipasique sur les matières grasses (Raymond), modifiée la fonction glycogénique (glycosurie alimentaire), modifiées la fonction antitoxique (action de la nicotine plus marquée), la fonction uropoïétique (diminution du rapport azoturique : Vitry).

Le rein est également surchargé de graisse. Ces modifications anatomiques correspondent vraisemblablement à l'élimination d'un excès de corps gras contenus dans le sang (Chirié, expériences sur des chiennes). Fonctionnellement il n'y a pas d'imperméabilité rénale.

Le système nerveux semble particulièrement sensible : l'éclosion de certaines psychoses chez les prédisposées pendant la lactation, de la tétanie (contracture rhumatismale des nourrices : Trousseau), l'aggravation de troubles antérieurs le prouvent. Certains auteurs ont noté de l'hyperesthésie correspondant aux cinq dernières dorsales (région du centre génital); elle serait due plutôt au surmenage ; les réflexes rotuliens seraient normaux et cependant le système nerveux est plus sensible à l'action des poisons (Vitry : strychnine).

Dans le sang, les globules rouges sont en nombre inférieur au chiffre normal (Bar, Daunay, Vitry) ; il existerait une leucocytose légère avec prédominance des éléments mononucléaires (Vitry). Le plasma contient du glucose : cette glycémie variable entraîne une déshydratation des tissus (Cl. Bernard).

Enfin l'alcalinité du sang serait amoindrie (Bar et Daunay, Vitry) et cette augmentation légère de l'acidité agirait sur le système nerveux pour le déminéréaliser.

Les urines sont moins abondantes, contiennent du lactose (Porcher, Com-

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