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ALIMENTATION DE LA NOURRICE

boisson ne sera employée qu'avec prudence, car elle peut donner lieu à des troubles digestifs chez le nouveau-né (Budin). On a dit que les féculents, la bière pouvaient, dans une certaine mesure, augmenter la sécrétion lactée; le fait n'est pas certain. La quantité et la nature des aliments influencent et modifient la composition du lait. Une nourriture insuffisante réduit surtout le pourcentage du beurre, beaucoup moins et inégalement celui de la caséine et peu celui du sucre. Une nourriture trop abondante enrichit le lait ; mais cet enrichissement est limité par la capacité fonctionnelle des glandes mammaires et, d'autre part, les facultés de digestion et d'assimilation de la femme (Barbier). Une alimentation riche en matières albuminoïdes augmente dans le lait la quantité de beurre et celle de caséine : l'augmentation du lactose est négligeable. Une alimentation riche en graisse (Morin, Moll) augmente la quantité de beurre; une alimentation pauvre le diminue (Engel et Plaut). Une alimentation formée exclusivement d 'hydrocarbones détermine une diminution de la caséine et une augmentation quelquefois considérable du beurre (Barbier, Boinot et Mascré). Enfin il est bon de souligner que chaque nourrice a un coefficient personnel d'utilisation des aliments. Ces faits sont importants à connaître, car, en faisant varier les quantités d'albumine, de graisse, d'hydrates de carbone, on peut faire varier la composition du lait dans un sens déterminé variable pour chaque femme.

Hygiène générale. — La femme qui nourrit doit mener une vie calme et régulière, doit se coucher tôt, se lever tard. Elle renoncera dans une certaine mesure aux dîners, bals, soirées, etc. Elle devra éviter les émotions quelles qu'elles soient. On fera bien de faire peser les nourrices. Si elles présentaient de la fatigue, un amaigrissement régulier, on aura recours d'abord à l'allaitement mixte; on supprimera enfin l'allaitement, en particulier, s'il existe des modifications organiques.

Médicaments. — Parmi les médicaments, les uns sont donnés dans le but d'augmenter la sécrétion lactée, les autres dans un but thérapeutique. Jusqu'à ces dernières années, les opinions les plus diverses étaient exprimées quant à l'action galactogène de certains médicaments. Pour les uns (Guibert), le galega, l'ortie blanche, le cumin, le cotonier, le fenouil seraient galactogènes, mais la majorité des auteurs (Housselot, Marfan, Weiss, Plauchu) pensent que la plupart des médicaments dits galactogènes ou antigalactogènes sont sans influence sur la sécrétion lactée (antipyrine, pyramidon, etc.); le seul agent efficace d'excitation de la sécrétion est la succion et l'épuisement complet et régulier du sein.

L'action des médicaments, administrés à la mère dans un but thérapeutique, et passant dans le lait, a été plus ou moins redoutée. Le passage de l'alcool (Nicloux), du mercure (Sigalas, Dupouy), de l'arsenic (Jesionek, Dechot, Jeanselme, Bar et Daunay, Chambrelent et Chevrier), de l'opium et ses dérivés, de la quinine, de l'antipyrine (Guibert, Grynfelt, Bolland), du fer, de l'iode, etc., a été soutenu par bien des auteurs. Pour d'autres, au contraire, le passage est douteux ou n'existe pas (quinine, phénacétine, hydrastis, pyramidon, salol, caféine, digitale). S'il existe, il est sans influence : laudanum,

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