C. JEANNIN
morphine (0,01 à 0,02 centigrammes) (Smith Ewards, Scherer, Fubini, Baum gartner), antipyrine (Budin, Boissard).
L'étude de cette question a été reprise par Plauchu, Rendu, Garin. Ces auteurs ont pu administrer tous les médicaments à des doses thérapeutiques, données quelquefois pendant plusieurs jours, sans observer de troubles chez le nourrisson, mais leur attention a porté surtout sur les opiacés (opium, 0,05 centigrammes; morphine, 0,01 centigramme; laudanum, XX à XXX gouttes), la belladone, l'arsenic, liqueur de Fowler, médicaments qu'ils ont pu donner sans provoquer le moindre accident. Gouvelaire et Wallich ont également pu donner de la morphine pendant un temps assez long, sans que le nourrisson ait paru influencé par le médicament. Récemment Vignes a étudié l'action de l'urotropine et montréqu'ilpassaitdel'aldéhydeformiquedans le lait.
Le passage de médicaments dans le lait a permis d'utiliser cette voie pour introduire dans l'organisme du nourrisson certains éléments ou médicaments. C'est ainsi qu'on a pu obtenir du lait phosphaté (quantité double de phosphate) en augmentant la quantité de sel dans la ration de la mère, du lait mercurique, du lait iodé. Depuis l'introduction du salvarsan dans la thérapeutique, on a employé cette voie indirecte et infidèle (Bar et Daunay) pour traiter le nourrisson. Il semble résulter des recherches faites dans ce sens que les anticorps de la mère qui agissent plutôt que l'arsenic (Ehrlich) (voir Traitement de la syphilis du nouveau-né, t. II).