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SUITES DE COUCHES PATHOLOGIQUES LES INFECTIONS PUERPÉRALES

Par Cyrille JEANNIN,

Professeur agrégé à la Faculté de médecine de Paris, Accoucheur des hôpitaux de Paris.

Définition. — On décrit sous le nom d'infection puerpérale toute infection de femme en couches ayant pris naissance au niveau de l 'appareil génital lésé par ■le traumatisme obstétrical. Ce nom ne saurait donc être appliqué aux infections médicales ou chirurgicales, telles que la grippe, la tuberculose, l'appendicite, la pyélonéphrite, etc., capables d'apparaître durant les couches, de revêtir parfois, et de ce fait, une allure particulière, mais n'ayant pas eu l'appareil génital pour porte d'entrée. Par contre, nous concevons bien que les infections puerpérales doivent être multiples, puisque l'on doit admettre a priori que tous les germes pathogènes peuvent venir léser l'endomètre, s'y arrêter, ou, de là, gagner les organes voisins ou même tout l'organisme.

Fréquence. — Jadis extrêmement fréquentes, les infections puerpérales le sont beaucoup moins depuis l'ère antiseptique; elles sont cependant loin d'être

LES INFECTIONS PUERPÉRALES.

rares, et cette fréquence avec laquelle on les observe, et qui, quoi qu'on fasse, ne semble guère capable de s'abaisser au-dessous d'un certain chiffre, rend leur étude particulièrement intéressante. Voici quelques chiffres empruntés à la pratique hospitalière et qui permettent de se rendre compte du pourcentage d'infection sur l'ensemble des accouchements et avortements :

Morbidité par infection puerpéral

Ahlfeld 25 p. 100

Bumm 21 —

Slawiansky 30 —

Massen 17 —

Budin (Maternité) 1895 12,8 —

— (Clinique Tarnier) 1900 9,76 —

Bar (Hôpital Saint-Antoine), 1897 6,29 —

Schmiedlechner (Budapest) 1909 2,88 —

Fabre (Clinique de Lyon) 8àl2 —

En établissant la moyenne, nous voyons que, dans les maternités, la proportion des infections puerpérales est environ de 10 p. 100. Dans la pratique de ville, les causes de contagion étant beaucoup moindres, cette proportion est, certainement, légèrement inférieure.

Historique. — L'histoire de l'infection puerpérale remonte, on le comprend, à l'antiquité, car il n'était pas possible de ne pas remarquer les accidents qui éclatent chez les femmes en couches, et de ne pas songer à établir entre ces deux éléments un rapport de causalité ; actuellement cette étude, loin d'être terminée, est plus à l'ordre du jour que jamais. Quelques dates importantes en jalonnent l'histoire.

1° Jusqu'au milieu du xixe siècle. — Tout n'est qu'obscurité et chaos dans la description des infections puerpérales : Hippocrate les avait mentionnées; A. Paré en parle, et tous les auteurs les font dépendre de la rétention des lochies, qui, ne s'éliminant pas, empoisonnent l'organisme. Cette théorie, qui régna sans conteste jusqu'à la fin du xvne siècle, reposait sur une erreur d'interprétation d'un phénomène d'ailleurs exact : en réalité, c'est parce qu'il y a infection que ces lochies se suppriment. Il faut en dire autant de la théorie rattachant l'infection à la suppression de la sécrétion lactée, dont Puzos se fit, en 1686, le grand défenseur. Cette influence de la métastase laiteuse, des laits répandus, qui en réalité renversait l'ordre des facteurs, eut force de loi jusque vers le milieu du xixe siècle.

2° Apparition, en 1846, de la notion de contagion. — Vers cette époque, la notion certainement la plus importante en l'espèce, c'est-à-dire l'idée qu'il s'agit d'une maladie contagieuse, commença à se faire jour. Sans doute, elle n'était pas jusque-là passée absolument inaperçue, et, dès le xvne siècle,

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