ORIENTATION ACTUELLE DES IDÉES
comme l'agent des formes les plus diverses de la ffîèvre 'des nouvelles accouchées ; et de fait, Widal, en 1889, montrait qu'on retrouve ce germe, dont il put établir l'identité avec l'agent de l'érysipèle, dans les infections purpérales les plus variées.
P) Cette doctrine monomicrobienne ne fut pas longtemps admise sans conteste : les femmes en couches étant assimilées à des blessées devaient, semblait-il, pouvoir être attaquées par les germes les plus variés. Et, en effet, Doléris, dès 1880, put décrire quatre agents différents de l'infection puerpérale. Bar, en 1883, montrait de son côté que l'infection puerpérale pouvait être causée par des germes divers, aérobies et anaérobies. Il est vrai que les progrès de la technique bactériologique prouvèrent, par la suite, que microcoques en chapelets, monocoques et diplocoques ne sont souvent que des stades divers du développement d'une même espèce ; mais la nature polymicrobienne de Vinfection utérine n'en était pas moins acquise, et de très nombreux travaux ultérieurs vinrent la consolider.
La bactériologie des lochies est alors étudiée d'une façon systématique, en Allemagne, par Dôderlein, Walthardt, Krônig et Menge, et, en France, surtout par Jeannin qui consacre, en 1902, sa thèse à l'étude des infections putrides. Toutes ces recherches permirent d'établir plusieurs faits : 1° tous les germes peuvent causer V 'infection puerpérale ; 2° en chaque cas particulier, on trouve, très habituellement, plusieurs espèces microbiennes dans les lochies; 3° les anaérobies, dont il faut toujours essayer de décéler la présence, jouent un rôle important, ne serait-ce que par leur fréquence.
y) Dans ces dernières années, ce n'est pas tant du côté des lochies que du côté du sang des infectées que l'on fait porter les recherches bactériologiques : grâce à des méthodes de jour en jour plus perfectionnées, nombre d'auteurs sont arrivés à établir la nature bactériologique des septicémies puerpérales. Ces recherches, poursuivies en Allemagne par Sittmann, Lenhartz et Schotmuller, en France par Widal et Lemierre, et surtout par Fabre (de Lyon) et ses élèves, ont démontré que, quel que soit le nombre des bactéries pullulant in utero, une seule espèce, très généralement, envahit V organisme ; ce peut être n'importe lequel des pathogènes ordinaires ; c'est très souvent le streptocoque.
4° Orientation actuelle des idées. — A l'heure présente, nous l'avons déjà dit, l'étude des infections puerpérales est plus à l'ordre du jour que jamais ; cette question est discutée dans tous les congrès. Les travaux portent surtout sur deux points :
Si. La pathogénie. — On poursuit les recherches sur la bactériologie des voies génitales, tant chez les femmes saines que chez les infectées, et sur la bactériologie du sang.
b. Le traitement. — C'est là, sans aucun doute, le plus grave problème de l'obstétrique contemporaine, problème, il faut bien le reconnaître, qui est loin d'être résolu. A cet égard, les idées Ont, d'ailleurs, beaucoup évolué. A la fin du xixe siècle, à l'instigation de Tarnier et de ses élèves, et plus particulièrement Budin, on accorde une importance capitale au traitement intra-utérin. Puis on s'aperçoit que, loin de convenir à tous les cas, ce traitement, qui