LES AGENTS INFECTIEUX
développant au niveau de l'appareil génital. Tous, cependant, ne doivent pas être mis, à ce point de vue, sur le même rang.
Il convient tout d'abord de mettre à part les germes spécifiques qui détermineront des accidents bien individualisés et toujours identiques à eux-mêmes, tels que le bacille du tétanos (Heyse, Legry, Rubeska), la bactèridie charbonneuse (Demelin, Dominici et Leroy), le bacille diphtérique (Bumm, Williams, Andérodias). Dans ces cas, il s'agit bien moins d'une infection puerpérale, au sens clinique du terme, que d'un tétanos, d'une infection charbonneuse, d'une diphtérie à point de départ génital.
D'autres germes ne sont que très exceptionnellement en cause, tels que : le bacille typhique, trouvé par Ktilman, Williams, Dobbin; le Proteus vulgaris, rencontré par Doléris,Bar et Rénon ; le pneumocoque, dont le rôle, plus important, est bien établi grâce aux observations de Canon, Burkhardt, Bumm, Bar, Herrgott, Czemetchka, Foulerton et Bonney, etc.
En réalité, les germes les plus habituellement décelés, sont, à l'état isolé ou en association : le Streptococcus pyogenes, le Staphylococcus pyogenes, le Bacterium coli, le Gonocoque de Neisser et les Anaérobies.
1° Streptococcus pyogenes. — Le Streptococcus pyogenes, agent de l'érysipèle, de nombre de phlegmons diffus, d'angines pseudo-membraneuses, d'infections broncho-pneumoniques, etc., joue dans l'étiologie des infections puerpérales un rôle incontesté, depuis les recherches de Pasteur, Doléris, Widal, Bumm, Chauveau et Arloing, etc. Nous avons déjà dit que ce microbe fut considéré, à tort, comme le germe unique de la fièvre puerpérale ; du moins, estce lui que l'on observe le plus souvent dans les cas graves, lui que les examens bactériologiques du sang décèlent habituellement au cours des septicémies (Lemierre, Fabre et Gonnet). Comme d'autre part, le streptocoque est capable de donner naissance à toutes les formes d'infection, depuis les formes locales, la diphtérie vulvo-vaginale ou l'endométrite, jusqu'à la péritonite et la septicémie suraiguë, on ne saurait exagérer l'importance de son rôle. Toutefois, il ne saurait, à lui seul, causer une infection putride : pour ce faire, il doit s'associer soit au colibacille, soit aux anaérobies (voy. plus loin).
2° Staphylococcus pyogenes. — Cushing, Brieger, Pawlowsky, Schiïller, Strunkmann,etc.,ont rapporté des observations d'infection puerpérale dues au Staphylococcus pyogenes. Dans le plus grand nombre des cas, l'infection staphylococcique se limite aux parties génitales inférieures, déterminant des escarres vulvo-vaginales ; il peut cependant infecter l'utérus lui-même (Strunkmann), puis les annexes, devenant cause d'oophoro-salpingites persistant de longs mois après l'accouchement. On l'a retrouvé dans les foyers métastatiques pleuraux (Bar), articulaires (Max Schùller), ou autres. Enfin, le staphylocoque peut déterminer des infections généralisées, principalement à forme pyohémique (Burguburu, Petruschky, Gartner, etc)., Canon, Strunkmann, Marquis, etc., ont pu en déceler la présence dans le sang des infectées puerpérales.
3° Bacterium coli. — Signalé tout d'abord par Frânkel, Cushing et Brieger, le colibacille fut trouvé comme agent de l'infection puerpérale par Widal, Williams, Durante, Bar, Noeggerath, von Franque, Krônig, etc. Provenant