BACTÉRIOLOGIE DES VOIES GÉNITALES
Bactériologie des voies génitales. — Cette question a suscité de très nombreuses recherches, parmi lesquelles nous citerons celles de Dôderlein, Kronig et Menge, Hallé, Bensis, etc.. Voici les résultats auxquels on est actuellement parvenu.
A. Vulve. — a. A l'état normal. — La vulve possède toujours une flore microbienne abondante et variée, où se trouve le Streptococcus pyogenes (dans 72 p. 100 des cas, durant la grossesse, d'après Dùbendorfer), le Bacterium coli, les staphylocoques, et en particulier le Sta. epidermitis albus.
b. A l'état pathologique. — Cette flore devient d'une richesse extrême tant en aérobies (pyogènes habituels, surtout B. coli) qu'en anaérobies stricts et facultatifs (parapneumocoque, paracolibacilles, kommabacille, streptobacille, etc.). Le gonocoque y est particulièrement commun.
B. Glande de Bartholin. — a. A l'état normal. — La glande de Bartholin est stérile.
b. A^l'état pathologique. — En cas de Bartholinite, cette glande contient de multiples espèces aérobies ; gonocoque, staphylocoques, petit bacille indéterminé, et anaérobies : B. junduliformis, Micrococcus fœtidus, B. nebulosus, B. caducus.
C. Vagin. — a. A l'état normal. — Le vagin contient toujours des germes très nombreux qui varient, d'ailleurs, suivant les différents points de ce canal.
1° Dans la portion inférieure (entrée du vagin), la flore se rapproche beaucoup de celle de la vulve, tout en étant moins fournie. Les aérobies y dominent : ce sont des staphylocoques, des streptocoques, des colibacille s, le bacille de Weeks, le bacille pseudo-diphtérique.
2° Dans la portion supérieure (fond du vagin), la flore aérobienne est très pauvre, ne comprenant que quelques Saccharomyces et plusieurs sarcines; par contre, la flore anaérobie est très riche, représentée par le Micrococcus fœtidus, le B. caducus, le B. nebulosus, un streptobacille, etc.
Mais la question importante est de savoir si Von peut trouver dans le vagin le Streptococcus pyogenes. Les uns, avec Kronig, Bensis, Williams, disent que non, si la femme n'a pas été touchée ; les autres, avec Dôderlein, Burkardt, Bumm et Sigwart, admettent, au contraire, que ce germe se rencontre dans la proportion de 10 à 40 p. 100 des cas. Il est indiscutable que l'on trouve fréquemment dans le vagin un streptocoque; mais, est-ce un saprophyte quelconque, ou bien le Streptococcus pyogenes? Zangemeister et Meissl pensent qu'il y a identité entre ce streptocoque et celui de l'infection puerpérale. De fait, on n'a pas encore trouvé de moyens de différencier ces éléments; c'est ainsi que la propriété hémolytique dont on avait d'abord cru pouvoir faire un signe de virulence peut faire défaut chez le streptocoque virulent, et vice-versa. On peut donc admettre, jusqu'à plus ample informé, que le vagin non infecté peut renfermer un streptocoque pyogène, capable de devenir chez cette femme, ou transplanté chez d'autres parturientes, par le toucher, le point de départ d'accidents infectieux.
b. A l'état pathologique. — Tous les pathogènes peuvent alors se rencontrer dans le vagin, depuis les pyogènes habituels jusqu'au pneumocoque et au bacille