‹ La pratique de l'art des accouchementsChapitre 294 sur 492 · C. JEANNIN · texte numérisé non relu

C. JEANNIN

de Koch ; le gonocoque n'est pas rare chez les femmes atteintes de pertes blanches et de vaginite granuleuse.

La sécrétion vaginale qui, à l'état normal, est de réaction acide (ce que Dôderlein attribuait à la présence d'un Bacillus vaginalis?), et possède alors un pouvoir bactéricide qui s'accentue pendant la grossesse, devient, à l'état pathologique, de réaction alcaline, et son pouvoir bactéricide disparaît.

D. Col de l'utérus. — a. A l'état normal. — Le col utérin ne contient de germes que dans sa portion la plus basse. On n'y trouve pas de streptocoques, mais seulement quelques anaérobies. D'après Walthard et Chatinière, le bouchon muqueux de la grossesse se divise en trois zones : la zone inférieure, riche en leucocytes et en microbes ; la zone moyenne, riche en leucocytes et pauvre en microbes ; la zone supérieure, habituellement stérile.

b. A l'état pathologique. — En cas de cervicite, la flore du col devient très riche en pathogènes : gonocoque, streptocoques, staphylocoques, etc.

E. Utérus. — a. A l'état normal. — La cavité utérine est libre de tous germes 80 fois sur 100 au cours de la première semaine des couches ; à partir du huitième jour, l'endomètre se laisse envahir par les microbes du vagin, surtout par les saprophytes, parfois par le streptocoque : de telle sorte que, lors de la deuxième semaine, les ensemencements sont positifs dans plus de 80 p. 100 des cas.

Gonnet y a décelé, 6 fois sur 100, la présence d'un streptocoque.

b. A l'état pathologique. — Il existe de nombreuses conditions pathologiques dans lesquelles des germes pathogènes existent in utero dès les premiers jours de couches, et même avant l'accouchement : c'est le cas des endométrites gravidiques ( Walter, Albert), des utérus porteurs de fibromes en train de suppurer (Guéry, Hartmann et Mignot, etc.), de cancer intracervical, etc.

En résumé, de tout ce qui précède, il résulte que les voies génitales inférieures hébergent, à Vétat normal et surtout à l'état pathologique, de très nombreux microbes, et en particulier les pathogènes habituels; ceux-ci y vivent à l'état saprophytique, mais sont capables, dans des conditions données, de récupérer leur virulence. Ces germes peuvent faire spontanément ascension vers l'utérus; ou bien ils y sont portés par le doigt lors d'un toucher, ou la canule lors d'une injection vaginale ou utérine. Telle est la genèse de V infection d'origine autogène.

Page 1