‹ La pratique de l'art des accouchementsChapitre 299 sur 492 · C. JEANNIN · texte numérisé non relu

C. JEANNIN

(Walthard) : le membre procident, formant drain, facilite l'ascension des germes du vagin vers l'utérus.

Les viciations pelviennes constituent un facteur étiologique qui n'est pas sans intérêt : sur 100 cas d'infection, Glockner note un rétrécissement du bassin 30 fois, Winter 25 fois, Ahlfeld 72 fois, Sommer 65 fois, Wichmann 16 fois. L'infection est alors le résultat de nombreux éléments : défaut d'accommodation, longue durée du travail, travail musculaire exagéré, rupture prématurée des membranes, nécessité d'interventions diverses.

La dystocie par tumeur (fibromes, kystes ovariques, cancer du col) agit de la même façon.

Longueur du travail. — En fatiguant la parturiente et en créant l'occasion de touchers répétés, la longueur du travail prédispose à l'infection. C'est ainsi que Sommer trouve que le travail a duré vingt-quatre heures dans 23 p. 100 des cas de fièvre, de deux à quatre jours dans 46 p. 100, de quatre à dix jours dans 25 p. 100, dix jours et plus dans 7 p. 100; Winter, Wichmann, Walthard citent des chiffres analogues.

La durée de la période d1 expulsion n'est pas sans importance : Franz estime que, sur 100 cas d'infection sérieuse, cette durée a dépassé deux heures dans 5,30 p. 100 des cas, tandis qu'elle est restée inférieure à ce chiffre dans 3,51 p. 100.

U accouchement prématuré artificiel, souvent si long, surtout lorsqu'il s'agit d'un bassin justo-minor, prédispose aussi à l'infection : Sommer le trouve dans 34,12 p. 100 des cas de fièvre du travail; on peut admettre qu'il comporte une mortalité propre de 1 à 2 p. 100.

La rigidité des parties molles, grande cause de longueur du travail, est, de même, un important facteur étiologique de la fièvre puerpérale : Wichmann la rencontre dans 9 p. 100 des cas d'infection amniotique.

La primiparité, surtout si la femme est âgée, agit dans le même sens ; aussi Franz, Winter, Glockner considèrent-ils l'infection puerpérale comme plus fréquente chez les primipares. Cette proposition n'a, d'ailleurs, rien d'absolu, car Sommer, Wichmann, Saladino admettent le contraire.

h' exagération du volume fœtal physiologique ou pathologique (hydrocéphalie) prédispose à l'infection, non seulement du fait de la plus longue durée du travail, mais aussi en raison du traumatisme qui en résulte et des opérations qu'elle nécessite.

En somme, tout ce qui est cause de difficulté dans l'accouchement, de touchers répétés, d'intervention pouvant léser les parois génitales, peut être considéré comme facteur d'infection.

Lésions des organes génitaux. — Nous n'insisterons pas sur ce facteur dont l'importance découle de ce que nous venons de dire. Les plaies des organes génitaux, qui sont presque constantes (96 p. 100 des cas, d'après Winckel), fournissent aux germes un terrain favorable pour leur développement (caillots sanguins, tisus nécrotiques, anfractuosités), le sang extravasé qui les recouvre étant un excellent milieu de culture. Sticher divise ces plaies en deux sortes : les plaies distales (vulvo-périnéales) qui, dans 17 p. 100 des cas, s'infectent, et les

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