C. JEANNIN
La respiration est peu ou point troublée dans les formes bénignes : sans doute, au moment des grandes élévations thermiques, on voit bien le chiffre des inspirations s'élever à 20, 25, 30 par minute ; mais, une fois l'accès passé, il revient à la normale. Il en est autrement dans les formes graves, et V accélération permanente de la respiration sera toujours considéré comme un signe d'infection sévère. Cette dyspnée toxique, sine materia, s'accompagne de battement des ailes du nez.
L 'appareil digestif n'est que peu touché : sans doute, l'appétit est diminué, mais les malades digèrent assez bien ; elles n'ont pas de vomissements. Habituellement elle sont constipées, sauf au cours de certaines infections colibacillaires, où il peut y avoir de la diarrhée, fétide et tenace. Une certaine parésie intestinale détermine fréquemment le ballonnement de l'abdomen. La langue est chargée, mai? elle reste humide et rosée sur les bords ; elle peut cependant devenir sèche et rôtie si l'infection se prolonge quelque temps.
Le système nerveux réagit de diverses manières. La céphalée est de règle, surtout au début de l'infection ; les frissons l'exaspèrent. Parfois la malade se plaint de névralgie faciale. Elle se sent courbaturée, accuse un malaise général et quelques douleurs, habituellement modérées, dans la région hypogastrique et dans les aines. Très souvent la femme est agitée, parlant beaucoup, plus rarement elle se montre apathique, ^insomnie est habituelle, ou bien la femme ne jouit que d'un sommeil incomplet et troublé par des cauchemars.
Les urines ont le caractère des urines fébriles : peu abondantes, troubles, hautes en couleur, elles peuvent contenir de l'albumine.
Le faciès, non altéré dans les cas très bénins, est habituellement d'une pâleur caractéristique; parfois, le teint est grisâtre, bistré, les yeux sont brillants, un peu excavés, la sclérotique présente aisément une légère teinte subictérique.
La montée laiteuse est souvent retardée, amoindrie ; elle peut même faire totalement défaut, ce qui avait suggéré à Puzos la théorie de la « métastase laiteuse ».
Évolution.— L'évolution de l'infection utérine est essentiellement variable, suivant de nombreux facteurs, au premier rang desquels il faut citer : la nature et la virulence de l'agent infectant, la résistance de l'organisme, la précocité et l'opportunité du traitement. Nous pouvons, en clinique, envisager trois hypothèses différentes :
A. . Il y a simplement endométrite. — Dans ce cas, où les symptômes généraux se trouvent réduits au minimum, la durée des accidents infectieux n'excède guère huit fours ; après avoir oscillé entre 38 et 40°, pendant quatre à cinq jours, la température s'abaisse graduellement, l'utérus diminue dé volume, les lochies redeviennent normales et tout rentre dans l'ordre.
B. Il y a métrite parenchymateuse. — En pareil cas, les symptômes, d'ailleurs beaucoup plus accusés que lorsqu'il s'agit simplement d'endométrite, persistent pendant deux et trois semaines. Les lochies restent abondantes et crémeuses. L'utérus est en subinvolution très marquée : quinze jours et plus après l'accouchement, son fond se trouve encore au voisinage de l'ombilic ; sa consistance est habituellement molle, la palpation en est douloureuse. Le