‹ La pratique de l'art des accouchementsChapitre 310 sur 492 · L'INFECTION DÉPASSE LES LIMITES DE L'UTÉRUS · texte numérisé non relu

L'INFECTION DÉPASSE LES LIMITES DE L'UTÉRUS

toucher montre que le col est incomplètement revenu sur lui-même. La fièvre continue à osciller entre 38° et 40°, s'accompagnant parfois même de quelques frissons. Au bout d'un temps variant de quinze jours à trois semaines, la température s'abaisse progressivement, et la malade guérit. Si l'infection a été assez sérieuse, il persiste ultérieurement de la subinvolution utérine, la matrice ne reprenant jamais ni sa situation ni son volume primitif, et ayant tendance à se placer en rétrodéviation. Dans quelques cas, au contraire, que nous explique l'anatomie pathologique, il y superinvolution : Frommel, Kleinwâchter, Porakont vu des utérus réduits aux dimensions d'une petite noix.

C. L'infection dépasse les limites de l'utérus. — C'est là une éventualité fréquente, puisque, nous l'avons déjà dit, l'infection utérine constitue la phase initiale de presque toutes les formes d'infection puerpérale. En pareille occurence, la métrite puerpérale n'existe, à l'état isolé, que durant les premiers jours de la maladie ; puis, après un laps de temps essentiellement variable, les germes infectieux dépassant l'utérus, on voit se produire suivant les cas :

1° Soit une localisation quelconque de V infection. — Ce peut être quelque annexite, une phlébite pelvienne, une péritonite, etc. Nous décrirons ultérieurement chacune de ces lésions.

2° Soit une septicémie secondaire. — Cette septicémie puerpérale, — qu'il ne faut confondre ni avec la septicémie aiguë primitive dans laquelle la phase utérine ne compte pas (voy. p. 628), ni avec l'infection pyohémique, traduction de la phlébite utéro-pelvienne (voy. p. 612), — apparaît habituellement du dixième au quinzième jour, sans qu'il soit possible de reconnaître, précisément, le moment où l'infection de locale devient généralisée (voy. fig. 302). Il s'agit, en effet, d'une aggravation progressive des symptômes, d'autant plus frappante que l'on se trouve à l'époque où l'infection utérine devrait rétrocéder. Tandis que la fièvre persiste, essentiellement irrégulière, que le pouls reste fréquent, moins bien frappé qu'au début, la respiration accélérée, l'état général s'altère -, l'appétit est nul, la langue sèche, la soif vive. Le faciès, d'abord très pâle, se plombe. La malade ne dort pas; très agitée, elle présente facilement du délire. Les urines sont rares et albumineuses. Souvent une diarrhée tenace et fétide contribue à épuiser l'infectée.

Cette septicémie secondaire peut prendre fin de trois manières :

a. Par la mort. — Aux symptômes précédemment cités, s'ajoutent des phénomènes, tels que la carphologie, le soubressaut des tendons, Vincontinencedes matières; la malade, dont l'état rappelle souvent beaucoup celui d'une typhique, succombe entre la quatrième et la sixième semaine environ.

b. Par une complication tardive, et qui, en fixant l'infection, peut avoir un rôle favorable ; tous les cliniciens connaissent, à cet égard, la salutaire apparition d'une phlegmatia alba dolens.

c. Par la guérison, sans complication. Cette évolution, qui est rare, ?nais non exceptionnelle, demande en général un temps très long : la température persiste pendant plusieurs semaines, parfois plusieurs mois, alors même que l'état général est en voie d'amélioration. Tantôt il s'agit d'élévations thermiques soudaines, à 39° ou 40°, pendant vingt-quatre à trente-six heures, apparaissant après

Page 1