ABCÈS DE L'UTÉRUS
soit par perforation utérine. Cette complication, que Beckmann a relevée 7 fois sur 11 cas mortels, emporte la malade par hémorragie foudroyante (possibilité d'ouverture de l'artère utérine) ou par péritonite.
A Vautopsie, on constate que la muqueuse utérine est complètement nécrosée, disparue par places ; le muscle, très œdématié, présente des lésions de métrite interstitielle ; les vaisseaux sont oblitérés par des thromboses microbiennes.
Le diagnostic de gangrène utérine ne peut être posé d'une façon affirmative qu'en présence de l'élimination d'un lambeau nécrosé, qu'il faudra distinguer d'un fragment de fibrome sphacélé,ou d'un débris placentaire longtemps retenu et putréfié.
Le pronostic, quoique sévère, est loin d'être désespéré, la mortalité étant de 27,5 p. 100 d'après Beckmann. Dans les cas qui ne se compliquent pas de perforation, on peut donc escompter la guérison.
Traitement. — Il faut s'abstenir de toute thérapeutique intra-utérine : les injections ont, en effet, été cause de perforation. On se contentera donc de pratiquer de fréquents lavages vaginaux à l'eau oxygénée, ou à la liqueur de Labarraque ; en même temps, il importe de soutenir l'état général, par tous les moyens possibles (voy. p. 647).
Quand le diagnostic de gangrène est bien établie par l'élimination de quelque lambeau utérin, il faut, sans hésiter, pratiquer Vhystérectomie, car on doit toujours craindre le grand amincissement de l'utérus et sa perforation possible. Il est bien entendu que, si cet accident se produit , il convient de pratiquer aussitôt la laparotomie et l'ablation de l'utérus.
Abcès de l'utérus. — Fréquence. — En dehors des petits abcès miliaires et multiples qui existent dans l'utérus au cours de certaines affections pyohémiques, on peut observer, au niveau de ces organes, des collections purulentes peu volumineuses, peu nombreuses ou uniques, et constituant, à proprement parler, l'abcès chaud de l'utérus. Très rares, ces abcès ont été d'abord étudiés par Lucas-Championnière (1870), puis par von Franque qui, en 1901, en réunissait 15 cas dans la littérature médicale, enfin par Mercadé, qui, en 1906, a pu en rassembler 22 observations.
Étiologie. — C'est surtout à la suite de manœuvres abortives qu'on observe cet accident, le parenchyme utérin ayant pu être piqué par l'instrument qui y dépose les germes infectants. Dans ce cas, il s'agit bien d'une infection directe de la plaie utérine ainsi créée. Dans l'infection post-partum, ce même mode de contage peut se faire au niveau de la plaie placentaire. Quand l'abcès siège dans l'épaisseur même du myomètre, il s'agit d'une infection par voie lymphatique (Lucas-Championnière).
Anatomie pathologique. — Presque toujours l'abcès siège au niveau du fond et des cornes de l'utérus. Très habituellement sous-péritonèal, il peut être intramusculaire ou, beaucoup plus rarement, sous-muqueux. Son volume varie de celui d'une aveline à celui d'un oeuf d'oie.
Presque toujours il n'y a qu'un seul abcès\ cependant Lucas-Championnière,