C. JEANNIN
soit vers les bronches par vomique, soit vers la plèvre, déterminant ainsi un pyopneumothorax.
Les pleurésies, bien étudiées jadis par Charrier, se produisaient fréquemment autrefois sous forme d'épidémies (Moreau, Bidault et Arnould, Bouchut) ; Leake et White les appelaient pleurésies laiteuses. Consécutives à une embolie pulmonaire sous-pleurale ou aune péritonite, elles ont une marche très insidieuse et passent souvent inaperçues ; d'ailleurs, dans bien des cas, l'épanchement pleural, abondant ou non, marque la fin de tous les accidents. L'épanchement séreux se résorbe vite. Si on fait une ponction, il ne se reproduit pas. Mais il n'en est pas toujours ainsi : l'épanchement devient alors très abondant ; il peut être séro-fibrineux, séro-purulent ou purulent, parfois gangréneux. Le pronostic en est très grave. On conçoit aisément que l'évolution clinique est très différente suivant les sujets. Si la terminaison doit être favorable, la poussée fébrile qui marque la formation de l'épanchement séreux cesse vite, l'oppression se calme et la malade devient bientôt une convalescente. Dans le cas contraire, les accidents persistent et on voit évoluer le syndrome classique de la pleurésie purulente.
C. Appareil urinaire. — La cystite puerpérale constitue un accident banal, auquel l'accouchement prédispose par suite de la compression que subit alors la vessie ; le cathétérisme auquel il est fréquemment besoin de recourir en est la cause habituelle. A titre très exceptionnel, citons l'ouverture de la vessie dans les voies génitales, par chute d'une plaque de sphacèle, ou par traumatisme opératoire. En pratique, on peut admettre que la pyohémie épargne cet organe.
La pyélo-néphrite débute rarement dans les suites de couches : le plus souvent il s'agit d'une poussée nouvelle greffée sur une pyélo-néphrite gravidique. Cette reprise des accidents est généralement due à une infection secondaire provenant de l'utérus (Bar). Elle se reconnaît à ses signes habituels : douleur dans les lombes, augmentation du volume du rein qui devient très sensible à la palpation, pus dans les urines, reconnu d'origine rénale.
La néphrite s'observe généralement dès la première semaine qui suit l'apparition de la fièvre ; elle se traduit par une albuminurie parfois intense, et assez persistante. Alors même que la malade guérit de son infection, la néphrite peut persister à l'état chronique. Les femmes qui deviennent ainsi brightiques sont surtout celles dont les reins étaient altérés avant l'accouchement. Certaines néphrites apparaissent tardivement (Charpentier, Basset).
Les embolies rénales sont, en général, microscopiques ; elles peuvent devenir le point d'origine d'abcès miliaires du rein ; on peut trouver, dans ces cas, des streptocoques dans les urines (Cornil). Brindeau et Chavane ont observé une embolie volumineuse d'une artère rénale, provenant d'un débris d'endocardite végétante : Vanurie est, en pareil cas, la conséquence de l'oblitération des gros vaisseaux du rein.
D. Appareil digestif. — Les troubles digestifs sont ceux de toutes les infections. On note fréquemment une diarrhée abondante, extrêmement fétide, incoercible, qui est peut-être due à des embolies colibacillaires dans la muqueuse intestinale,