DÉTERMINATIONS MÉTASTATIQUES AU COURS DE LA PYOHÉMIE
Quand l'état général est très grave, il y a incontinence des matières.
La parotidite est l'apanage des formes très sérieuses. Elle se manifeste par une recrudescence de la fièvre, en même temps que les régions rétro-maxillaires se gonflent et deviennent douloureuses à la palpation. Ce gonflement est très rapide, et d'habitude bilatéral. Parfois, la lésion n'a pas le temps de suppurer, la malade succombant rapidement (au quatrième jour des suites de couches dans un cas de Budin). Elle constitue quelquefois un phénomène critique : l'abcès parotidien ouvert, tout rentre dans l'ordre.
Le foie est toujours touché, mais de façons très diverses. Le plus souvent, l'organe est gros, douloureux au palper ; il y a du subictère, parfois même un ictère assez franc. Dans d'autres conditions, on est en présence du tableau clinique de l'insuffisance hépatique (p. 642).
La rate est, comme dans les maladies infectieuses, grosse, douloureuse, accessible à la percussion. On peut y observer des abcès (Tissier).
Le péritoine peut s'infecter secondairement, souvent en même temps que les plèvres. La péritonite suppurée qui en résulte n'a alors que des manifestations cliniques bien effacées, et ce n'est souvent qu'à l'autopsie qu'on en porte le diagnostic.
E. Système nerveux; organes des sens. — Le cerveau peut être le siège d! 'embolies provenant de quelque végétation endocarditique. Atteignant habituellement la sylvienne gauche, ces embolies déterminent une hémiplégie plus ou moins complète, parfois une monoplégie. L'aphasie qui peut coexister a tendance à reparaître à l'occasion d'un accouchement ultérieur (Carre). Si l'embolie est septique, elle sera suivie de méningite, de phlébite des sinus ou d'abcès du cerveau. La méningite revêt le caractère symptomatique de la méningite cérébro-spinale : la ponction lombaire montre un liquide céphalorachidien trouble, chargé en éléments mononucléaires, pouvant charrier des streptocoques ; le pronostic en est extrêmement sombre. Les abcès cérébraux s'accompagnent de symptômes qui permettent d'en préciser la topographie (Témoin, Charpentier, Lafon) ; tous les germes peuvent les causer : Bar a observé un abcès gazeux relevant d'une infection anaérobie. Toutes ces infections cérébrales s'accompagnent de haute température, de délire violent, d'attaques convulsives, puis de coma.
La moelle n'est qu'exceptionnellement intéressée ; toutefois, quelque localisation microbienne peut y devenir l'origine d'une paraplégie.
Les nerfs périphériques peuvent être, dans de rares cas, le siège de névrites. Tout à fait distinctes des névrites par compression d'origine obstétricale, ces névrites infectieuses, signalées en 1887 par Mœbius, ont été bien étudiées par Tuilant qui les divise en généralisées et localisées. Dans les premières, les moins fréquentes, les douleurs, suivies de troubles moteurs, occupent successivement les diverses régions des membres ; l'atrophie musculaire apparaît consécutivement, rendant la malade impotente.
Parmi les formes localisées, on distingue un type supérieur frappant le territoire du médian et du cubital, un type inférieur correspondant au sciatique ou à l'une de ses branches, principalement le poplité externe. Les sym-