‹ La pratique de l'art des accouchementsChapitre 330 sur 492 · C. JEANNIN · texte numérisé non relu

C. JEANNIN

ptômes consistent en douleur, diminution de la sensibilité au contact et à la chaleur, abolition des réflexes, atrophie musculaire, parfois réaction de dégénérescence.

L'évolution en est. lente, la guérison pouvant se faire attendre de quelques mois à deux ans. La névrite du plexus sacré peut encore être consécutive à la propagation d'un foyer inflammatoire péri-utérin : au début, il y a de violentes douleurs dans les membres inférieurs, puis paralysie flasque et atrophie musculaire (Pilliet et Leyden).

Les troubles psychiques seront étudiés à propos du pronostic (p. 643).

Les complications oculaires ne sont pas très communes : un abcès métastatique se reconnaît à la douleur, au gonflement, à la céphalée ; la suppuration peut amener la fonte de l'oeil ; la mort s'observe trois fois sur quatre (Bastide). Uiritis, V irido-choroïdite sont des lésions plus banales. A la suite d'une endocardite, une embolie de Vartère centrale de la rétine devient cause d'amaurose subite. Cet accident a été surtout observé dans les cas d'infection succédant à l'insertion vicieuse du placenta.

Les lésions de V oreille sont également rares : il peut s'agir d'otite moyenne suppurée, de mastoïdite, de thrombose du sinus latéral ; dans un de ces cas, Ballance obtint la guérison par résection du segment veineux trombosé.

F. Système locomoteur. — Les muscles ne sont que rarement touchés. En dehors des dégénérescences secondaires à la phlegmatia ou aux lésions nerveuses, on a signalé quelques cas de psoïtis consécutifs à un phlegmon périutérin (Wood). Dans la polymyosite puerpérale, dont Watzold a rapporté deux observations, les muscles sont touchés en des points multiples ; ceux de la déglutition et de la respiration peuvent être intéressés, et la malade succombe comme les sujets atteints de paralysie labio-glosso-laryngée.

Les lésions articulaires, beaucoup plus intéressantes, se présentent sous deux aspects : le rhumatisme puerpéral et les arthrites suppurées. Le rhumatisme lié à V infection puerpérale doit être différencié du rhumatisme articulaire aigu (récidivant facilement lors des suites de couches) et du rhumatisme gonococcique. Bien étudié par Vaille, Ragot, Hervieux, Quinquaud, Vinay, Bourcy, il affecte l'allure ordinaire des pseudo-rhumatismes infectieux. Dans certains cas bénins, tout se borne à quelques douleurs articulaires. D'habitude, l'affection frappe plusieurs articulations à la fois, quitte à se cantonner ultérieurement, au genou principalement. Le genou, le poignet, l'épaule, l'articulation tibio-tarsienne sont le plus souvent intéressés. La région se gonfle et devient douloureuse; la synoviale est distendue par un épanchement séreux, puis les phénomènes disparaissent progressivement, laissant à leur suite un peu de raideur articulaire.

Les mouvements sont d'autant plus lents à revenir que les gaines séreuses péri-articulaires ont été touchées. Les arthrites suppurées, assez rares aujourd'hui, peuvent apparaître au cours des infections très graves. On les observe au niveau du genou, de l'épaule, du coude, des articulations sternales et métatarso-phalangiennes (Budin), des symphyses sacro-iliaques et pubienne. La région est le siège d'un gonflement douloureux, en même temps que la température s'élève ; puis la peau rougit, devient luisante, et, si l'on n'intervient

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