C. JEANNIN
on a trouvé : une embolie de la sylvienne (provenant d'une endocardite) avec foyer de ramollissement ; des abcès du cerveau (Témoin, Charpentier, Lafon) ; de la phlébite des sinus, de la méningite suppurée cérébro-spinale.
b. Nerfs périphériques. — Mœbius, puis Tuilant, ont reconnu l'existence de névrites infectieuses, généralisées ou localisées.
c. Œil. — Exceptionnellement, il y a panophtalmie; très rarement, également, on observe une embolie de V artère centrale (provenant d'une endocardite).
d. Oreille. — On a signalé des otites moyennes suppurées, des thromboses du sinus latéral, des mastoïdites.
Appareil locomoteur. — Les articulations peuvent être le siège d'abcès métastatiques.
Les muscles sont atteints de dégénérescence consécutivement aux lésions nerveuses, d'atrophie, parfois de myosite parenchymateuse et interstitielle. On connaît quelques observations de psoïtis ( Wood).
Pronostic. — Tout en étant très sombre, le pronostic de la pyohémie est moins grave que celui de la septicémie ou de la péritonite : Fehling en évalue la mortalité à 72 p. 100. La mort peut résulter de l'épuisement de l'organisme et de la dégénérescence amyloïde des principaux viscères; elle peut survenir brusquement en cas d'embolie pulmonaire assez volumineuse.
Ultérieurement, alors qu'elle semble sauvée, la malade est encore exposée aux dangers de la mort subite par myocardite. En cas de guérison, la convalescence est toujours très longue.
Traitement. — Le traitement local intra-utérin n'est logique qu'au début de la maladie ; il doit être abandonné dès que l'infection a dépassé les limites de l'utérus. Il faut alors soutenir, par tous les moyens possibles, V organisme, pour lui permettre de lutter contre les attaques réitérées des germes ; dans ce but, ou aura recours à une alimentation riche, mais facilement assimilable, aux injections sous-cutanées de sérum artificiel, tandis qu'on surveillera le jeu des émonctoires (voy. p. 647).
A chaque complication répond un traitement approprié : les injections de strychnine et de caféine contre la myocardite; l'ouverture des foyers de suppuration ; l'opération de l'empyème en cas de pleurésie purulente. La gangrène d'un membre commande l'amputation : sur 24 opérées, Wormser arelevél8guérisons.
Le traitement par V essence de térébenthine (voy. p. 681) est, ici, particulièrement indiqué. Enfin, la pyohémie relève du traitement chirurgical ; on pourra, en effet, tenter d'enrayer l'infection, en supprimant le foyer d'origine des germes, c'est-à-dire les veines utéro-pelviennes, par hystérectomie (voy. p. 665) ou par ligature des pédicules veineux (voy. p. 677).