‹ La pratique de l'art des accouchementsChapitre 341 sur 492 · C. JEANNIN · texte numérisé non relu

C. JEANNIN

blisseraent de la circulation collatérale. La femme étant couchée sur le dos, la jambe et la cuisse entourées d'ouate sont placées dans une gouttière métallique que l'on incline sur un coussin de balle d'avoine, de façon à mettre le talon dans une position surélevée par rapport au genou. On aura grand soin d'éviter de laisser le pied se mettre en varus. Si l'œdème est très prononcé, on peut instituer le régime déchloruré.

h' 'immobilisation sera maintenue longtemps, dans la crainte d'une embolie; aussi la malade ne devra-t-elle quitter son lit que de trente à quarante jours au moins après le début de la phlébite, soit plusieurs jours après le moment où la température est définitivement revenue à la normale.

Tout danger d'embolie ayant disparu, il faudra combattre les raideurs articulaires et l'atrophie musculaire par le massage et la mobilisation : certains auteurs proposent même d'avoir recours à ces moyens beaucoup plus tôt, c'està-dire quinze à vingt jours après la disparition des phénomènes généraux contemporains du début de la phlébite; mais cette pratique est dangereuse.

Pendant les premières semaines qui suivent son lever, la femme aura avantage à porter, soit un bas à varices, soit une bande de flanelle ou de crépon, enroulée depuis les orteils jusqu'à la racine de la cuisse.

Les troubles liés à la phlébite chronique seront améliorés par les massages, par certains médicaments tels que l'intrait de marrons d'Inde, par des cures thermales telles que celle de Bagnoles-de-l'Orne.

LES SEPTICÉMIES PUERPÉRALES

La septicémie puerpérale peut s'observer dans deux conditions différentes : soit consécutivement à une infection locale, utérine ou annexielle, les microbes triomphant au bout de quelques jours de la résistance de l'organisme, c'est la septicémie généralisée secondaire que nous avons déjà étudiée (voy. p. 589): soit, au contraire, d'emblée, en l'absence de toute réaction locale : il s'agit alors de septicémie primitive suraiguë. C'est de cette seule forme que nous aurons à nous occuper ici.

On peut décrire deux types très différents de septicémie aiguë : 1° la septicémie primitive habituelle, qui est très généralement une streptococchémie;2° la septicémie gazeuse, infiniment plus rare, et qui est sous la dépendance de germes anaérobies.

A. — Septicémie aiguë primitive.

Étude clinique. — Jadis fréquente et sévissant par épidémies, la septicémie puerpérale répond à l'invasion du sang et de tout l'organisme par des germes particulièrement virulents. Les travaux de Perret, Tarnier, Widal, etc., ont montré l'analogie existant entre cette forme et les accidents observés chez les animaux, à la suite d'injections de doses massives de cultures septiques : l'orga-

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