C. JEANNIN
accumulées dans le côlon, tombe progressivement. Enfin, rappelons que la stercorémie peut, secondairement, donner naissance à une véritable infection puerpérale.
C. Pyélonéphrite. — Un diagnostic souvent extrêmement difficile est celui de l'infection puerpérale avec la pyéolonéphrite à la phase présuppurative ; sans doute, s'il s'est déjà produit, durant la grossesse, quelques accidents du côté des voies urinaires, le problème est facile àtrancher ; mais, dans nombre de cas, la première crise apparaît à la suite de l'accouchement. Les accidents infectieux, qui débutent à n'importe quel moment, souvent par une très brusque ascension, à 40°, après un violent frisson, prennent alors un type rémittent, essentiellement irrégulier : en quelques heures, la température peut varier de plusieurs degrés ; les rémissions se font d'une façon très complète. Le pouls est parallèle à la courbe thermique, ou lui reste inférieur ; il revient à la normale dès que la température s'abaisse. L'état général demeure très habituellement satisfaisant, en contraste manifeste avec la température ; dès que la fièvre est tombée, la malade éprouve des sueurs profuses, puis se trouve bien. Il n'y a pas de signes génitaux ; par contre, le ventre est ballonné, les selles rares et fétides, et, dès ce moment, il existe une polyurietrouble, souvent très marquée : l'examen microscopique mettrait en évidence la bactériurie. Enfin, après un laps de temps, qui oscille entre quatre et dix jours, la pyurie apparaît, en même temps que le bassinet devient gros et douloureux, et désormais l'erreur n'est plus possible.
Nous ne saurions trop insister sur l'importance de ce diagnostic, car nombre de femmes, atteintes d'infection du bassinet, ont subi très inutilement un traitement intra-utérin, alors qu'il importait de ne pas toucher à la zone génitale, mais d'instituer une thérapeutique diététique.
D. Maladies infectieuses générales. — On devra surtout penser à la grippe, qui peut, pendant les suites de couches, revêtir une gravité toute spéciale (Bar et Boullé) ; cette affection se reconnaîtra à la courbature intense, au coryza, aux phénomènes pulmonaires qui en constituent le cortège habituel. La fièvre typhoïde a pu être confondue avec la forme typhique de la septicémie puerpérale : en dehors des signes cliniques, le séro-diagnostic tranchera la question ; d'aileurs, Lepage a particulièrement insisté sur la difficulté du diagnostic dans certains cas de dothiénentérie compliquant le puerpérium. La malaria, qui est capable de se réveiller à l'occasion delapuerpéralité(Spiegelberg,Budin), se reconnaît, outre l'anamnèse, à l'intermittence des accès et à l'action de la quinine. La granulie peut être de diagnostic très difficile (Rastouil) : on emploiera dans les cas difficiles le procédé de L. Fournier qui consiste à rechercher le bacille de Koch dans les urines après centrifugation ; ce bacille s'y trouve toujours en cas de tuberculose aiguë. Il convient d'ailleurs de rappeler que le bacille de Koch, le pneumocoque, le bacille d'Eberth, etc., pouvant envahir les voies génitales, une infection puerpérale au sens strict du terme pourra faire suite à une grippe, à une fièvre typhoïde ou à l'infection tuberculeuse.
EXAMEN BACTÉRIOLOGIQUE DES LOCHIES.
Nous nous bornerons à énumércr quelques-unes des affections auxquelles il faudra encore penser : la chlolécystite, l'appendicite, les inflammations articulaires, les angines, la pneumonie, la suppuration d'une tumeur abdominale (Budin), le réveil d'une suppuration ancienne paraissant guérie, au niveau des annexes par exemple (microbisme latent de Verneuil), etc.