‹ La pratique de l'art des accouchementsChapitre 349 sur 492 · C. JEANNIN · texte numérisé non relu

C. JEANNIN

s'agit, par exemple, de germes aérobies (streptocoque et colibacille, streptocoque et gonocoque); ou bien il n'y a que des anaérobies parmi lesquels domine habituellement le B. perfringens. Très souvent, enfin, il y a association aéroanaérobie.

La multitude des germes trouvés diminue singulièrement la valeur diagnostique de V examen lochial. Les seuls cas où l'on soit en droit d'en tirer quelque conclusion sont ceux où une espèce existe à l'état isolé, ou se montre du moins nettement prépondérante

Recherche spéciale du streptocoque. — Beaucoup d'auteurs estimant que le Streptoccocus pyogenes est le germe qu'il faut surtout incriminer en matière d'infection puerpérale, il était de grand intérêt de posséder une méthode rapide et sûre pour la recherche de cet agent pathogène. Cette méthode nous est précisément fournie par la culture des lochies sur plaques d'agar sanguin (Blutagar platten), proposée par Sittmann en 1894, modifiée par Lenhartz et Schottmùller en 1904, puis très étudiée, en France, par Fabre (de Lyon) et ses élèves.

A 10 centimètres cubes d'agar fondu, on ajoute 3 centimètres cubes de sang frais ; on agite soigneusement, et on verse ce mélange dans une boîte de Pétri. En se refroidissant, l'agar sanguin devient solide et adhère intimement à son récipient. A l'aide d'une ôze de platine, on ensemence, à la surface de cet agar, les lochies récoltées directement dans l'utérus. Au bout de douze heures de mise à l'étuve, le streptocoque, s'il existe, décèle sa présence :1e long des traits tracés par l'ôze, on voit les colonies microbiennes sous l'aspect de petits points grisâtres, entourés d'une auréole ronde, transparente, traduction de la propriété résorbante du streptocoque sur l'hémoglobine; ces points se détachent nettement sur le fond uniformément rouge du milieu de culture. Si les germes sont très abondants, au lieu de colonies isolées, on obtient une bande continue de résorption le long de chaque trait.

B. — Examen bactériologique du sang.

Quel que soit le nombre des germes trouvés in utero, un seul, plus vivace ou plus virulent, va envahir la circulation lorsque l'infection se généralise. A ce moment, l'infection puerpérale se révèle donc comme monomicrobienne. Sans doute, il y a bien quelques exceptions à cette règle : on a pu trouver, dans le sang, le streptocoque associé au colibacille (Lenhartz), ou ce dernier germe en compagnie du staphylocoque (Marquis) ; mais ce sont là des faits exceptionnels qu'il est permis de négliger en clinique. En fait, l'examen bactériologique du sang, autrement important que celui des lochies, va nous permettre de trancher deux points du diagnostic : l'infection est-elle ou non généralisée ? quel est le microbe infectant ?

Technique à employer. — Il importe absolument de ne tenir aucun compte des examens pratiqués avec une goutte de sang recueillie par simple piqûre. Le sang doit toujours être pris en certaine quantité et directement dans une

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