‹ La pratique de l'art des accouchementsChapitre 350 sur 492 · EXAMEN BACTÉRIOLOGIQUE DU SANG · texte numérisé non relu

EXAMEN BACTÉRIOLOGIQUE DU SANG

veine. Après asepsie rigoureuse de la région du pli du coude, dont on fait saillir les veines comme s'il s'agissait de pratiquer une saignée, on prélève, dans la médiane céphalique, 10 à 20 centimètres cubes de sang, au moyen de la seringue de Luer. Ce sang est immédiatement traité de deux façons différentes :

a. Méthode des grands ensemencements en bouillon peptoné. — Le sang est versé dans des ballons contenant du bouillon peptoné, à raison de 5 centimètres cubes de sang pour 500 centimètres cubes de bouillon (Widal, Lemierre). Ces ballons, mis à l'étuve, sont examinés de vingt-quatre en vingt-quatre heures.

b. Méthode du Blutagar. — A 10 centimètres cubes d'agar fondu, et maintenu à une température de 48°, on ajoute 3 centimètres cubes de sang ; on agite et on verse le mélange dans une boîte de Pétri, qui, après refroidissement, est mise à l'étuve (Fabre et Amstad, Gonnet). Cette méthode, qui nous a déjà servi pour l'examen des lochies, est particulièrement affectée à la recherche du streptocoque : nous savons, déjà, que les colonies de ce germe apparaissent sous l'aspect de petits points grisâtres entourés d'une auréole ronde transparente, due à la résorption de l'hémoglobine.

Résultats obtenus. — La plupart des agents pathogènes ont été trouvés dans le sang des puerpérales.

a. Streptocoque. — Czerniewski en décèle la présence 9 fois sur 32 cas, Lemierre 5 fois sur 15. Fabre et ses élèves, avec le Blutagar, arrivent aux résultats suivants : dans les infections localisées, le sang est stérile ; dans la septicémie, les colonies sont nombreuses et persistantes lors de plusieurs examens ; dans l'infection à forme pyohémique, elles sont en petit nombre, et n'augmentent que peu à peu lorsque la maladie évolue vers la mort ; dans la péritonite, la culture du sang peut rester négative jusqu'à l'approche de l'agonie.

b. Staphylocoque. — - Ce germe n'a été trouvé que rarement dans le sang des puerpérales, par Strunckmann, Schwartz, Canon, etc. Marquis en a relaté 3 cas, bénins d'ailleurs.

c. Bacterium coli. — Ne tenons aucun compte des examens pratiqués, non seulement post mortem, mais pendant l'agonie. Durant la vie, le colibacille a été reconnu comme agent des septicémies puerpérales par Eisenhart, Bumm (1 cas sur 95 puerpérales), Krônig, Lenhartz, Marquis, etc. Gebhard l'a vu produire une septicémie gazeuse.

d. Gonocoque. — Ce germe ne se trouve dans le sang qu'à titre tout à fait exceptionnel : Harris et Dabney en ont rapporté un cas où il y avait endocardite.

e. Anaérobies. — Si l'on songe combien le sang est richement oxygéné, on se rendra compte qu'il constitue un très mauvais milieu de culture pour les anaérobies ; ces germes ne s'y trouvent donc que très rarement (Krônig et Pourtalès, Welch et Nuttal, Gôbel). On les y rencontre cependant dans les cas d'ailleurs exceptionnels, de septicémie gazeuse (Wendeler, Westenhôffer, Stadelmann, etc.).

Essais de séro-diagnostic. — Depuis quelques années, on a tenté d'utiliser

G. JEANN1N.

la séro-réaction pour le diagnostic des septicémies puerpérales: Marquis obtint trois résultats positifs dans 3 cas d'infection par le staphylocoque ; par contre, ce même auteur, dans 3 cas, ainsi que Widal et Lemierre dans 1 cas, n'eurent dans l'infection colibacillaire que des résultats négatifs. Cette question, dont l'étude est à peine ébauchée, demande de nouvelles recherches.

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