C. JEANN1N
Jones, etc., et surtout par Bar et son élève Lallier (1892), par Picqué et son élève Privât de Fortuné (1904).
Picqué divise ces psychoses en deux groupes : la septicémie puerpérale à forme délirante et les psychoses tardives, apyrétiques.
a. La septicémie puerpérale à forme délirante. — On l'observe chez des infectées présentant habituellement les stigmates de la dégénérescence mentale (Magnan, Castin). Son apparition est très précoce. La malade est prise de délire violent, accompagné d'hallucinations terrifiantes, ce qui fait encore désigner cette forme sous le nom de confusion mentale hallucinatoire. La femme s'agite continuellement, crie, chante, parle sans cesse et sans aucune suite ; on a peine à la maintenir dans son lit. Tout sommeil a disparu. La fièvre, très élevée, oscille en plateau aux environs de 40° ou 41°. Dans quelques cas, le délire se systématise, d'où les idées de persécution ou de grandeur. Finalement, la malade tombe dans un état de prostration extrême, de stupeur, entrecoupé par moments d'accès de fureur. L'évolution de cette forme est rapide, la mort survenant en quelques jours, sauf dans quelques rares cas : c'est dire que le pronostic en est extrêmement sombre.
b. Les psychoses tardives apyrétiques. — Elles apparaissent chez des femmes accouchées depuis quinze jours à trois semaines, et évoluent sans fièvre. Elles revêtent habituellement la forme mélancolique, et durent pendant plusieurs semaines, parfois pendant cinq ou six mois.
Il convient, en pareil cas, de traiter énergiquement et rapidement l'infection causale, afin d'éviter à la malade de tomber dans la démence précoce. Malgré l'amélioration amenée par le traitement, le pronostic doit toujours être réservé, car il y a à redouter le passage à Vétat chronique que l'on observe dans un quart des cas environ (voy. Psychoses et grossesses, t. II).
6° Constatation de certaines métastases. — Il est des localisations tardives dont l'apparition est ^heureux pronostic : c'est, en particulier, le cas pour la phlébite des membres qui, généralement, indique la fin de la période septicémique. Il en est d'autres, au contraire, qui doivent être considérées comme de pronostic sévère ; citons, parmi ces dernières, l'endocardite, la parotidite, une arthrite suppurée.
7° Examen bactériologique du sang. — Nous avons déjà vu (voy. p. 636) comment cet examen doit être pratiqué. Quel pronostic est-on en droit de tirer de la présence, ou de l'absence d'éléments microbiens dans le sang ?
Tout d'abord, il importe de se mettre à Vabri de deux causes d'erreur : 1° un examen de sang ne doit jamais être pratiqué dans les premières heures qui suivent un frisson, car il existe alors une bactériémie transitoire, passagère, due à la décharge momentanée d'agents pathogènes dans la circulation ; 2° lors delà période agonique, le sang est envahi par des germes, particulièrement par le colibacille, sans qu'on soit en droit d'en conclure qu'il y avait, au préalable, bactériémie. Ceci dit, de deux choses l'une: on trouve ou on ne trouve pas de microbes dans le sang.