LES BAINS FROIDS DANS L'INFECTION PUERPÉRALE
Nous devons faire rentrer dans ce genre de traitement le procédé de R. Petit qui consiste à se servir, comme agent de leucocytose, du sérum de cheval préalablement chauffé à 50°. Ce sérum doit être porté au niveau de la région infectée, et, pour ce faire, le mieux est de tamponner l'utérus avec de la gaze imbibée de cette substance et contenant, comme dans un sachet, du sérum desséché. Ce pansement sera renouvelé matin et soir. L'effet local en est très frappant : les lochies se bourrent de polynucléaires, et très rapidement les escarres se détergent. L'hyperleucocytose générale est également augmentée, mais, de l'aveu même de R. Petit, ce sérum leucocygène doit être considéré comme un agent local. P. Delbet, Bonnaire, Demelin, Brindeau en ont obtenu des résultats encourageants.
Enfin, on peut encore favoriser la leucocytose à l'aide de l'essence de térébenthine (voy. p. 681), ou d'injections d'argent colloïdal (voy. p. 685). Nous reviendrons ultérieurement sur ces deux points.
Toniques ; Sérum artificiel. — L'alcool est un tonique excellent que l'on peut employer à assez fortes doses, sous forme de grogs, de vin de Champagne, de potion de Todd (Siredey, Runge, Budin, etc.).
Si la malade est très déprimée, si surtout le cœur a tendance à faiblir, on aura utilement recours aux injections sous-cutanées de caféine, de strychnine, d'huile camphrée. Cette dernière préparation est, parfois, particulièrement précieuse, quand, à la suite d'une intervention (laparotomie par exemple), la malade est en état de shock prononcé : il est bon, en pareil cas, de faire, toutes les trois heures, une injection de 1 centimètre cube d'huile camphrée, en plein muscle.
Les injections sous-cutanées de sérum artificiel ont, jusqu'à ces derniers temps, joui d'une grande vogue ; de fait, elles ont l'avantage de relever le pouls et de favoriser la diurèse ; certains auteurs estiment même qu'elles augmentent la leucocytose. Depuis qu'Achard et Laubry ont démontré qu'au cours des infections il y a rétention de chlorure dans l'économie, on hésite un peu à y avoir recours, du moins à doses massives. Quand les urines sont normales comme quantité et comme qualité et qu'il n'y a pas d'œdème, on peut pratiquer ces injections, mais à doses moyennes, 250 à 300 grammes par jour. Ces injections sont particulièrement précieuses, lorsqu'on ne parvient pas à alimenter la malade suffisamment : il sera bon, en pareil cas, de les répéter matin et soir.
Le plasma de Quinton (eau de mer isotonisée) à la dose de 100 grammes rend souvent service chez les malades très abattues et dans les formes d'infection à marche prolongée.
Bains froids. — Employés dans le traitement de l'infection puerpérale par Playfair, Thomas, Tansky, les bains froids ont été, dans ces derniers temps, préconisés par Vincent, Maygrier et Macé ; Desternes (1895) en a signalé les bons résultats : ils agissent en luttant contre l'adynamie, en favorisant la diurèse et en combattant l'hyperthermie. On y aura recours dans les cas où, en dépit du traitement, la température se maintient à 39° et au-dessus. Le thermomètre est mis toutes les quatre heures : s'il indique 39° ou plus, on