‹ La pratique de l'art des accouchementsChapitre 370 sur 492 · ACCIDENTS LIÉS AUX INJECTIONS INTRA-UTÉRINES · texte numérisé non relu

ACCIDENTS LIÉS AUX INJECTIONS INTRA-UTÉRINES

plus près possible du bord droit ; elle pose le siège sur un bassin, et porte les cuisses en abduction.

On commence par nettoyer soigneusement la vulve et le vagin (savonnage, injection à l'eau oxygénée). L'accoucheur introduit dans le vagin l'index et le médius droits : ces doigts vont à la recherche du col, dont ils reconnaissent l'orifice externe, l'orifice interne, et dont ils s'assurent de la perméabilité ; ils prennent ensuite contact avec la lèvre postérieure ; leur face palmaire, dirigée en haut par un mouvement de supination forcée de la main, constitue alors une sorte de gouttière qui va servir à diriger la sonde vers l'utérus. Celle-ci est tenue de la main gauche ; elle a été, au préalable, soigneusement purgée d'air. Le bec prend contact avec la pulpe des doigts vaginaux : il suffit de pousser en avant le pavillon, pour faire franchir à la canule le canal cervical. A ce moment, le bec de la sonde vient à la rencontre de la face postérieure de l'utérus, an niveau de l'angle de flexion du corps sur le col : il faut alors, pour pénétrer dans le corps, réduire V antéflexion utérine et changer la direction de la canule. Les doigts vaginaux, désormais inutiles, quittent les genitalia et saisissent la sonde, tandis que la main gauche, devenue libre, redresse, s'il est nécessaire, l'utérus au travers de la paroi abdominale, en appuyant, d'avant en arrière et de haut en bas, sur la face antérieure de la matrice ; la cavité du corps vient alors dans le prolongement du canal cervical ; il suffit, pour y pénétrer, d'abaisser le pavillon de la sonde jusqu'à ce que le coude droit de l'opérateur entre en contact avec le plan du lit. La main gauche, embrassant au travers de l'abdomen le fond de l'utérus, sent que le bec de la sonde a pénétré dans la matrice. En élevant le bock à 40 centimètres au-dessus du plan du lit, on permet au liquide de couler ; quand la solution est sur le point de se tarir, on retire la sonde, et l'on chasse le liquide resté in utero, à l'aide d'une légère expression abdominale. Si l'on a fait usage de substance caustique, l'iode par exemple, il est bon de terminer par une injection vaginale à l'eau bouillie. Toutes ces manœuvres, habituellement très simples, doivent être faites avec la plus grande douceur. Comme dans tout cathétérisme, il ne faut jamais déployer de force, ni essayer de vaincre une résistance quelconque. L'orifice interne du col peut être spasmodiquement rétracté ; on attendra qu'il se relâche, pendant quelques instants. En dehors de ce cas, le col est toujours assez large pour permettre l'introduction de la sonde ; nous savons, en effet, qu'il reste très habituellement béant tant que l'utérus est infecté ou qu'il renferme quelques débris.

On peut rencontrer quelque difficulté du fait du nervosisme de la femme, de la situation élevée du col, de Pantéflexion anormale de l'utérus ; dans tous ces cas, plaçons la malade en position obstétricale et agissons à ciel ouvert (voy. plus haut), ce qui, répétons-le, est infiniment préférable).

Accidents liés aux injections intra-utérines. — Ces accidents sont rares, à la condition de ne faire usage que de sondes à double courant et de solutions non toxiques. On peut cependant les observer, en dépit des plus grandes précautions, soit immédiatement après l'injection, soit plus tardivement. Voici les principaux :

Page 1