C. JEANNIN
Hémorragies. — Elles sont généralement insignifiantes. Quand l'écoulement est abondant, on peut craindre une blessure de l'utérus par la sonde. Habituellement, la perte cesse rapidement ; s'il persiste, on tamponne l'utérus.
Perforation utérine. — La sonde peut perforer l'utérus ; cette complication, extrêmement grave, sera étudiée à propos du curettage (voy. p. 662). En cas d'injection utérine, le liquide injecté pénètre le plus souvent dans la cavité péritonéale (Jassinski).
Douleurs. — Les douleurs peuvent être assez violentes, occupant tout l'abdomen, s'irradiant vers les hanches et les cuisses, s'accompagnant de vomissements et de tendance à la syncope.
Frisson et fièvre. — Il est commun de voir, dans les deux heures qui suivent l'injection, survenir un frisson parfois très violent, à la suite duquel la température s'élève à 40° ou même 41°. Cette hyperthermie né dure que quelques heures ; aussi faut-il toujours rassurer la malade et son entourage sur cet incident sans conséquence.
Phénomènes nerveux ; syncope ; coma. — Silvestre, dans sa thèse inspirée par Bar, puis Tarnier ont bien .décrit toute une série d'accidents plus sérieux, parfois même très graves. La malade accuse un malaise général qui la saisit dès le début de l'injection, en même temps qu'elle se plaint de douleurs abdominales. Les traits s'altèrent ; suivant les cas, le visage pâlit et se couvre de sueur froide, ou, au contraire, la face se congestionne, jusqu'à devenir violacée, tandis que la vue s'obscurcit. Le pouls est fréquent, faible, parfois imperceptible, la respiration embarrassée, stertoreuse. La malade éprouve une sensation d'angoisse, de la gêne précordiale, du vertige, puis elle perd connaissance. Cette syncope peut durer quelques minutes ; dans certains cas, elle se prolonge pendant plusieurs heures. L'état de la malade peut être alors tellement grave, du moins en apparence, qu'on la croit en agonie ; cependant, peu à peu, les accidents s'amendent, et la femme renaît.
Dans d'autres cas, la femme est secouée de convulsions, revenant à intervalles plus ou moins courts.
Elle peut également avoir du délire.
Enfin, la malade tombe parfois dans le coma pour y rester pendant douze, vingt-quatre, trente-six ou même quarante-huit heures ; durant ce temps, le pouls est extrêmement rapide ; le thermomètre indique, en général, de fortes températures : nous l'avons vu s'élever à 42°,5. Peu à peu la femme reprend connaissance, et elle se rétablit au bout d'un temps qui varie d'un à cinq ou six jours. Il faut savoir, en effet, que tous ces accidents, si effrayants en apparence, n 'entraînent que rarement la mort.
Il est assez difficile d'expliquer ces symptômes : dans certains cas, il s'agit d'un phénomène d'inhibition, qui peut d'ailleurs accompagner tout cathétérisme utérin, même en dehors de la puerpéralité. Dans d'autres cas, à coup sûr exceptionnels, les accidents résultent du passage du liquide de l'injection dans le péritoine, à travers la trompe : Vidal de Cassis, Guérin, Fontaine, etc., ont démontré expérimentalement que cette pénétration est possible quand on pratique l'injection sous une forte pression, et que l'on s'oppose à la sortie