G. JEANNIN
les faces que sur les bords et dans les cornes utérines ; il suffit de renouveler deux ou trois fois cette manoeuvre. L'iode, outre sa valeur antiseptique, a l'avantage de favoriser la rétraction de l'utérus et de déterminer un afflux abondant de leucocytes au niveau de l'endomètre. On peut se borner à un pansement, qui d'ailleurs sera, s'il en est besoin, renouvelé au bout de deux à trois jours ; on peut, également, surtout si l'utérus, particulièrement flasque, exige une action plus énergique, y laisser en place, pendant douze heures, une mèche de gaze imbibée d'iode et formant léger tamponnement intra-utérin. Il faut avoir bien soin d'exprimer suffisamment cette gaze, pour empêcher la teinture d'iode de s'écouler dans le vagin. La sensation douloureuse que détermine ce pansement intra-utérin sera heureusement combattue par l'application de glace sur la région hypogastrique.
'L'essence de térébenthine peut également servir pour ces attouchements utérins. Cette substance possède, en particulier, des propriétés désodorisantes fort utiles en cas de fétidité des lochies.
Près des cautérisations médicamenteuses, il faut placer la méthode de Pincus, qui consiste à diriger dans la cavité utérine un jet surchauffé d'air ou de vapeur d'eau : ce procédé, connu sous les noms d: 'atmokausis et de zestokausis, n'est usité qu'en Allemagne.
Pansements au bouillon lactique. — Brindeau eut l'heureuse idée d'employer les bouillons lactiques comme désinfectants intra-utérins ; Jeannin utilisa largement ce procédé qu'on ne saurait trop faire connaître.
La technique en est très simple. Dans un récipient en verre flambé (verre à expérience, petit cristallisoir), on mêle deux cuillerées à bouche de poudre de lactose stérilisée avec une quantité égale ou un peu supérieure de bouillon lactique, et on brasse le tout, à l'aide d'une baguette de verre ou une pince quelconque, de façon à constituer une sorte de bouillie assez épaisse; on a soin de n'employer, pour la faire, que la lie des bouteilles de bouillon lactique, dont on décante, après repos de plusieurs heures, toute la partie claire. Cette partie claire sert à laver les plaies qu'il s'agit de panser, à V exclusion de tout antiseptique ; puis on imbibe très largement une mèche de gaze aseptique de la bouillie qu'on vient de préparer. Cette mèche est placée dans l'utérus dont on bourre toute la cavité, mais en tassant beaucoup moins la gaze que s'il s'agissait de faire un tamponnement hémostatique. Le pansement est renouvelé matin et soir. Très rapidement, les escarres, visibles sur le col, se détergent, leur surface bourgeonne et devient rosée ; les lochies s'écoulent rouges et abondantes, ayant perdu toute fétidité. Ces pansements, qui ne sont nullement douloureux, méritent de prendre une large place dans la pratique courante. Ils seront dirigés, non seulement contre l'infection utérine, mais contre toutes les infections locales et particulièrement les escarres vulvo- vaginales (voy. p. 582) ; la cicatrisation de ces lésions s'opère sous leur influence avec une rapidité surprenante.
4° Nettoyage de la cavité utérine. — A. Étude des différents procédés proposés pour le nettoyage de la cavité utérine. — On peut nettoyer