‹ La pratique de l'art des accouchementsChapitre 375 sur 492 · CURAGE DIGITAL · texte numérisé non relu

CURAGE DIGITAL

i'endomètre d'une femme infectée àl'aide de troisprocédés :1e curagedigital,V écouvillonnage et le curettage instrumental. Étudions-les, d'abord, chacun isolément.

a. Curage digital. — Cette méthode, dont Budin s'était fait le protagoniste, consiste à vider l'utérus simplement à l'aide des doigts, sans le secours d'aucun instrument. La femme étant en position obstétricale, et préparée comme pour toute autre intervention intra-utérine, l'accoucheur, après s'être assuré de la perméabilité du col, dispose en cône les doigts de la main droite ; par de doux mouvements de vrille, il les introduit dans le vagin, et, tandis que la main gauche saisit, au travers de la paroi abdominale, l'utérus, et l'abaisse le plus possible à la rencontre des doigts de la main droite, celle-ci fait pénétrer, sans effort, l'index, et si elle le peut, le médius, au travers du col jusque dans la cavité du corps utérin. Cette manoeuvre serait impossible sans le secours de la main gauche : c'est elle qui fait la moitié du travail, en amenant, comme pour l'en ganter, la matrice au-devant du doigt explorateur. Pendant que l'index droit est dans l'utérus, les autres doigts, fortement repliés vers la paume, se logent dans les culs-de-sac vaginaux, ou même restent hors de la vulve, accolés au périnée et le pouce contre le pubis, dans les cas où la main gauche aura réussi à abaisser la matrice jusqu'à la vulve. Le doigt intra-utérin commence par redresser l'utérus, qui peut être en] antéflexion ou en rétroflexion, puis il s'oriente, reconnaissant la position du fond et des cornes. Ceci fait, le curage proprement dit va comprendre deux temps : 1° le décollement des débris ovulaires ; 2° l'expulsion de ces débris hors de l'utérus.

1° Le décollement des débris ovulaires se fait avec l'ongle de l'index qui, agissant comme une curette intelligente, va gratter systématiquement chacune des régions de I'endomètre, non seulement les faces, mais le fond et les cornes, où bien souvent se trouvent des débris placentaires. Au bout de quelques instants, la main droite cède la place à la gauche, chaque main ne nettoyant bien que la moitié utérine de même nom. On ne suspend ce travail que lorsqu'on a la sensation d'avoir détaché toutes les aspérités qui tapissaient I'endomètre et que celui-ci paraît absolument lisse. Il faut maintenant entraîner les débris, ainsi détachés, hors de l'utérus.

2° L'expulsion, hors de Vutérus, des débris ovulaires se fait de deux façons :

a) S'il s'agit de débris placentaires de quelque dimension, il est facile de les accrocher avec V index, et de les entraîner à l'extérieur.

Les tout petits débris ovulaires, les fragments de caduque, ne peuvent être saisis ni par les doigts ni par une pince ; on les chassera de l'utérus, par expression abdomino-vaginale. La main droite, en supination, place l'index et le médius dans le cul-de-sac vaginal postérieur, de façon que la pulpe de ces deux doigts appuie sur la face postérieure de l'utérus; la main gauche, mise en pronation, prend contact au travers de l'abdomen avec la face antérieure de la matrice ; ces deux mains pressent sur l'utérus, comme siellesvoulaientserejoindre, et, exprimant cet organe, en font sortir tous les débris qui y étaient demeurés.

Quand ce temps est terminé, à nouveau, et pour la dernière fois, l'index droit est réintroduit in utero, et procède à la revision de Vendomètre, pour en détacher tout ce qui aurait pu y rester.

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