‹ La pratique de l'art des accouchementsChapitre 378 sur 492 · TECHNIQUE DU NETTOYAGE UTÉRIN · texte numérisé non relu

TECHNIQUE DU NETTOYAGE UTÉRIN

a. Indications du nettoyage utérin. — La question est comprise très diversement par les auteurs : Bar conseille le nettoyage de la cavité utérine d'une façon systématique, dans tous les cas où il y a rétention de membranes ou de fragments placentaires, avant même qu'il y ait le moindre signe d'infection ; Budin y recourt chaque fois que les phénomènes infectieux ne s'amendent pas à la suite d'un injection utérine ; c'est également la méthode conseillée par Pinard et Wallich. Par contre, beaucoup d'auteurs, surtout en Allemagne où cette tendance s'accentue chaque jour, considèrent le nettoyage de l'utérus comme dangereux, parce qu'il détruit la barrière granuleuse de l'endomètre et ouvre ainsi aux germes de nombreuses bouches d'absorption veineuses et lymphatiques ; on risque, de ce fait, de généraliser une infection jusque-là locale. Le bien-fondé de cette crainte est prouvé par le frisson de réensemencement qu'on observe si fréquemment après le nettoyage de l'utérus infecté et dont nous parlerons dans un instant ; si, dans la majorité des cas, l'organisme est assez fort pour réagir, il n'en est pas moins vrai que cet ensemencement artificiel, produit par l'intervention, a été parfois fatal à la malade. Aussi Ahlfeld recommande-t-il de se borner à un curage extrêmement léger, tout superficiel ;Bumm estime que le curettage est une opération « damnable »; Rocchi l'abandonne complètement au profit des cautérisations ; von Herff le dit redoutable, etc., etc.

Il nous semble, qu'en pratique, la question peut être ainsi tranchée: de deux choses, ou l'utérus est vide, ou sa cavité contient des débris.

1° L'utérus est vide. — L'accoucheur qui a à soigner l'infectée a lui-même inspecté l'arrière-faix après la délivrance ; il sait que membranes et placenta ont été entièrement expulsés ; le toucher intra-utérin (voy. p. 587) le convainc qu'il n'y a pas, dans l'utérus, des caillots adhérents et organisés, que l'endomètre ne présente pas de saillies en stalactites. En pareil cas, puisqu'il ne reste rien in utero, il nhj a rien à enlever, et le nettoyage utérin (par curage, écouvillonnage ou curettage) est contre-indiqué. Bornons-nous donc aux attouchements médicamenteux (voy. p. 657).

2° L'utérus contient des débris (voy. fig. 319). — Quels que soient ces

Fig. 319. — Utérus provenant d'une femme morte d'infection puerpérale (Bar).

L'endomètre, au lieu d'être lisse, est couvert de débris ovulaires, surtout abondants au niveau de l'area placentaire (située au centre de la figure). — C'est la présence de ces débris, matière essentiellement fermentescible, qui indique le nettoyage utérin comme premier traitement de l'infection puerpérale,

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