‹ La pratique de l'art des accouchementsChapitre 379 sur 492 · C. JEANNIN · texte numérisé non relu

C. JEANNIN

débris, l'indication est formelle ; il faut, avant tout autre essai thérapeutique, en débarrasser V endomètre : laisser in utero ces matières essentiellement fermentescibles, équivaut à donner aux germes qui y pullulent un excellent milieu de culture. Ce principe admis, voyons comment il convient d'intervenir.

b. Technique de choix. — La femme, anesthésiée au chloroforme ou à l'éther, est mise en position obstétricale ; la vulve est rasée et soigneusement nettoyée par brossage à l'eau chaude et au savon; le vagin est également frotté à l'aide de tampons d'ouate chargés de savon ; on y fait passer ensuite une injection de 2 litres d'eau oxygénée à 12 volumes, coupée par moitié d'eau. La vessie est vidée par cathétérisme ; on couvre l'abdomen et les cuisses de compresses stérilisées. L'opérateur introduit alors deux doigts de la main droite dans l'utérus qu'il explore, et procède au curage digital (voy. p. 659).

Ce curage détachera aisément tous les débris de quelque volume qui ne sont pas par trop adhérents ; quand ils sont libres dans la cavité utérine, on les entraîne à l'extérieur, soit à l'aide des doigts, soit au moyen de V expression abdomino-vaginale (voy. p. 659).

Cette opération sera utilement complétée par un curettage instrumental pratiqué suivant toutes les règles énoncées plus haut (voy. p. 660) ; ce curettage débarrasse l'utérus des débris que le doigt n'avait pu détacher et que l'on entraîne ensuite à l'extérieur à l'aide d'une injection utérine iodée (voy. p. 652). Dans le cas où l'on sait, où l'on sent, qu'il reste dans l'utérus des débris membraneux, c'est à Y écouvillonnage (voy. p. 660) qu'il faut d'abord avoir recours : l'écouvillon, inutile et même dangereux en tout autre cas, constitue ici véritablement l'instrument rêvé. Une fois l'endomètre ainsi bien débarrassé, on pratique un attouchement iodé (voy. p. 657), suivi, pour peu que l'utérus ait tendance à rester flasque et à saigner, d'un tamponnement à la gaze aseptique légèrement imbibée d'iode, ou encore à la gaze peroxydée.

Sitôt après l'intervention, le sac de glace est replacé sur la région hypogastrique.

Le tampon est enlevé au bout de douze heures, en moyenne. On donne alors une injection vaginale qui sera renouvelée matin et soir pendant les jours suivants.

c. Suites opératoires ; résultats. — Dans les deux heures qui suivent l'intervention, on observe très fréquemment un grand frisson suivi d'une élévation de température à 40° ou même 41°; c'est là, très probablement, un frisson de réinfection traduisant la diffusion dans l'organisme des germes et de leurs toxines. On n'en peut tirer aucun indice au point de vue du pronostic ultérieur.

Lenettoyage utérin agit de façonsdiverses sur l'allure de l'infection, et, d'après les statistiques recueillies par Jeannin, on peut diviser les cas en quatre groupes:

1° Ceux où la température fait une chute immédiate et définitive après l'intervention, soit environ 25 p. 100 des cas dans l'infection post-partum, 60 p. 100 dans l'infection post-abortum ;

2° Ceux où la température descend en lysis, mettant trois à quatre jours à redevenir normale. Dans ces deux groupes de cas, le pronostic apparaît tout de suite favorable ;

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