H YSTÉRECTOM I E ET INFECTION PUERPÉRALE
3° Ceux où la température continue à osciller pondant un temps variant de un à douze jours, atteignant parfois un degré plus élevé qu'avant le nettoyage. On est en droit de mettre en doute, dans ce cas, l'utilité de l'intervention, et le pronostic doit être réservé tant que la courbe thermique n'est pas redescendue à la normale ;
4° Ceux où la température continue à s'élever jusqu'à la mort. Ces cas si ml plus ou moins fréquents d'après les statistiques : la mortalité chez les femmes traitées par le nettoyage utérin est, en effet, de 4,3 p. 100 d'après Gheorghiu, 10 p. 100 d'après Maygrier, 18 p. 100 d'après Fehling, 50 p. 100 d'après Osterloh ; sur 231 cas, Jeannin l'a trouvée de 7,77 p. 100, chiffre intermédiaire entre 9 p. 100 en cas d'infection post-partum et 6 p. 100 en cas d'infection post-abortum. On peut dire qu'en moyenne la mortalité chez ces femmes est de 9 à 10 p. 100, avec résultats plus favorables en cas d'infection post-abortum.
Le nettoyage utérin peut-il être répété? Budin et Gheorghiu conseillent défaire un second écouvillonnage quand le premier est resté sans résultat; La Torre dit qu'il faut le recommencer, fût-ce 15 fois de suite ! Actuellement la presque totalité des accoucheurs s'entendent pour juger irrationnelle une telle manière de faire : si un nettoyage bien fait n'a pas donné de résultats, c'est que l'infection a pénétré plus avant; il faut alors délaisser cette méthode pour d'autres procédés thérapeutiques que nous allors maintenant étudier.
5°. Traitement chirurgical des infections puerpérales. — L'échec des méthodes de thérapeutique intra-utérine a fait naître l'idée d'un traitement chirurgical de l'infection puerpérale: quand, en effet, les germes infectants ont dépassé les limites de l'endomètre, pour envahir le muscle utérin, les annexes, les veines pelviennes et le péritoine, il est a priori logique de recourir à des interventions sanglantes, pour poursuivre les agents microbiens en leurs différents étapes. Les opérations auxquelles on peut alors avoir recours sont: V hystérectomie, les cœliotomies (laparotomie, colpotomie), et Vablation des veines thrombosées.
A. Hy stéréotomie. — Historique. — En 1886, Schultze pratiquait la première hystérectomie abdominale, au cours de l'infection puerpérale, chez une malade ayant une rétention, avec adhérences invincibles, du placenta; cette femme guérit. Quelques années plus tard, en 1895, Roosemburg effectuait avec succès la première hystérectomie vaginale; dans cette même année, Wintrebert consacrait à ce sujet sa thèse inaugurale. La question était désormais posée, et elle était immédiatement discutée devant l' Association médicale américaine : Smith, Dufî, Noble, Peterson s'y montrèrent partisans de cette nouvelle méthode, que Price etDaCostarepoussèrent. En 1899, Tuffier inspirait sur ce même sujet, la thèse de son élève Bonamy, qui put alors réunir 31 cas d'hystérectomie avec 20 succès. En 1901,1a Société de chirurgie aborda la discussion de ce problème : Terrier se fit l'ardent défenseur de la méthode, et fut suivi par Tuffier, Picqué, Richard et J.-L. Faure ; parmi leurs adversaires, nous voyons Reynier, Ricard, Poirier, Segond, Quénu et Chaput. La thèse de Benoist, parue en 1901 et inspirée par Mauclaire, réunissait 21 cas nouveaux depuis le