C. JEANNIN
travail de Bonamy, aveclOguéiïsons. Demelin et Jeannin ayant, en 1901, présenté devant la Société aV obstétrique de Paris un cas heureux d'hystérectomie pour putréfaction intra-utérine, cette question fut à nouveau discutée; mais elle ne trouva guère que des adversaires, entre autres, Budin, Maygrier, Porak, Boissard etTissier. Le Congrès de Rome, en 1902, la mettait à l'ordre du jour : Tuffier, là encore, s'en fit le défenseur ; Léopold se joint à lui, mais seulement pour les cas où l'infection lui paraît cantonnée à l'utérus. En 1903, le Congrès de Madrid s'en occupe à son tour et Pinard donne un rapport, avec cette conclusion : «L'indication rationnelle de l'hystérectomie dans l'infection puerpérale n'existe pas » ; Cortiguera semble décidé à l'admettre, mais à titre exceptionnel. Cette même année, dans un mémoire très judicieux, Doléris admet l'hystérectomie dans les formes pyohémiques, à type rémittent, et à marche prolongée. Enfin, en 1903 également, Mouchotte réunit, dans sa thèse, 30 cas d'hystérectomie pour infection post-abortum, lui donnant 56,6 p. 100 de guérison. Depuis cette époque, la question n'a guère cessé d'être discutée, et elle reste, actuellement encore, à l'ordre du jour.
Discussion des indications. — Si, dans l'appréciation de la valeur de l'hystérectomie au cours de l'infection puerpérale, les auteurs se sont si peu trouvés d'accord, c'est, en grande partie, faute d'envisager les mêmes cas. Il y a donc nécessité absolue à bien sérier les faits, et, à cet égard, une première grande division s'impose, suivant que les lésions utérines dominent manifestement la scène, ou qu'au contraire, la maladie a des allures d' 'infection généralisée.
1° Les lésions utérines dominent manifestement la scène. — Il est évident, en pareil cas, qu'erc enlevant Vutérus on supprime le foyer septique. L'hystérectomie est donc ici nettement indiquée. Elle doit être faite, suivant l'occurrence, soit immédiatement comme premier traitement, soit plus tardivement.
a. Elle sera faite immédiatement, quand l'infection puerpérale n'est elle-même qu'un épiphénomène se greffant sur une autre lésion commandant l'ablation de l'organe. C'est, entre autres, le cas dans :
Les lésions traumatiques de l'utérus ou du vagin : déchirure du segment inférieur, perforation de l'utérus ou d'un cul-de-sac ; Les tumeurs utérines : cancer du col, fibrome ;
La grossesse molaire, alors qu'il est impossible d'affirmer s'il ne reste pas un fragment de néoplasme in utero ;
La rétention, totale ou partielle, de V arrière-faix, toute tentative de délivrance restant impuissante.
b. Elle sera faite secondairement, après échec du traitement intra-utérin, dans les cas suivants :
La gangrène utérine, étant donnés surtout les risques de perforation, spontanée ou artificielle, de l'utérus ;
Les abcès utérins, dont, malheureusement, le diagnostic est bien souvent impossible à établir ;
Uemphysème utérin, consécutif à la physométrie et à la putréfaction fœtale.
Avant d'en arriver aux cas où l'infection a surtout les allures d'une maladie