‹ La pratique de l'art des accouchementsChapitre 384 sur 492 · C. JEANNIN · texte numérisé non relu

C. JEANNIN

a. De la laparotomie comme traitement des infections puerpérales généralisées. — En 1903, Boquel rapportait les observations de trois malades chez lesquelles il avait pratiqué la laparotomie, croyant être en présence d'une péritonite ; ce diagnostic se trouva erroné, mais, à la suite de l'intervention, ces trois femmes guérirent, alors qu'elles étaient au moment de l'intervention dans un état très grave. En 1905, Sourdille cite deux cas de colpotomie entreprise dans les mêmes conditions, et avec le même résultat heureux. En présence de ces faits, cet auteur se demande si la cœliotomie, par voie haute ou par voie basse, ne constituerait pas un traitement de l'infection puerpérale, alors même qu'il n'y a pas de péritonite ? Les arguments qui plaident en faveur de cette opinion sont les suivants :

1° La laparotomie supprime V importante et active voie d1 absorption des toxines et des microbes qu'est le péritoine : l'écoulement de ces toxines par le suintement non purulent consécutif àl'intervention, doit en entraîner de grandes quantités ; d'ailleurs, on connaît bien, depuis Cruikshank, la transsudation du réseau lymphatique utérin, sous-péritonéal, et Mierzejewski a même découvert des stomates établissant des communications directes entre ces lymphatiques et la séreuse abdominale. L'intoxication générale sera donc diminuée en proportion de l'abondance du suintement post-opératoire.

2° L'arrivée de Vair dans le péritoine y atténue la virulence des microbes. C'est là un fait bien connu des chirurgiens. On peut même, pour obtenir un résultat meilleur, faire passer de l'oxygène dans le péritoine (voy. plus loin).

3° V intervention favorise la dialyse des produits microbiens au travers du péritoine et évacue, à l'extérieur, les produits dialysés (Fernand Héger, Charrin, Le Play et Corpechot).

4° La laparotomie met, prophylactiquement, la malade à Vabri de la péritonite : Poirier a pu, en effet, établir que le péritoine, ouvert et drainé, ne s'infecte plus.

Ces arguments sont-ils suffisants pour nous faire adopter ce mode de traitement? Reconnaissons qu'à l'heure actuelle, le manque de documents cliniques ne nous permet pas de répondre. Un seul point est actuellement acquis : la laparotomie, pratiquée dans de telles conditions, aura souvent l'avantage de dépister une péritonite méconnue ; c'est là un avantage nullement négligeable, si l'on songe aux difficultés de diagnostic souvent insurmontables de cette affection.

Technique de l'intervention. — Qu'on intervienne en poursuivant un but thérapeutique, ou que l'on veuille faire une simple laparotomie exploratrice, la technique doit être la même : la paroi abdominale étant désinfectée à la teinture d'iode, et la malade légèrement anesthésiée à l'éther, ou mieux encore par l'emploi local de la cocaïne, on pratique, sur la ligne médiane, et juste au-dessus du pubis, une brèche de quatre travers de doigts de longueur. Découvre-t-on une péritonite ? l'opération est poursuivie, comme il sera dit ci-après ; une perforation, un abcès de l'utérus ? on se met en devoir de pratiquer l'hystérectomie. N'y a-t-il aucune de ces lésions ? on place, dans la brèche ainsi créée, deux gros drains de caoutchouc, plongeant jusque dans le cul-de-sac de Douglas et par lequel on fera passer un courant d'oxygène (voy. plus loin). Ainsi réduite, l'intervention comporte un shock quasi

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