LAPAROTOMIE ET PÉRITONITE PUERPÉRALE
artificiel soulage extrêmement la malade, rétablit le jeu facile du diaphragme, et concourt puissamment à la désintoxication de l'organisme (Henrotay, Lenander, etc.).
3° Soins post-opératoires. — Leur importance est très grande; ils consistent en :
a. Position à donner à l'opérée. — La malade sera mise en position demiassise, dite de Fôwler, qui a le grand avantage de forcer les liquides à se rassembler dans le pelvis, à s'écouler par l'incision du Douglas, et de faciliter singulièrement le jeu du diaphragme.
b. Pansement. — Les compresses qui recouvrent les incisions sont changées matin et soir. Certains auteurs sont d'avis qu'il faut essayer de modifier l'état du péritoine, en y injectant, par les drains, des substances variées : collargol (Bonnaire), sérum de cheval (R. Petit), bouillon lactique (Brindeau). Mieux vaut recourir à Y oxygène à Vétat gazeux, ainsi que le conseillent Mangiagalli et Da Costa, Roufîart, Weiss et Sencert : l'oxygène exalte, en effet, le pouvoir antitoxique et phagocytaire du péritoine, en hyperémiant cette séreuse ; une bonne technique consistera à faire passer, par ces drains, un courant de 20 litres de ce gaz, sous faible pression, à l'occasion de chaque pansement.
Les drains ne seront laissés en place que le temps strictement nécessaire : on évitera ainsi la formation de fistules intestinales.
c. Sérum artificiel. — On l'administre de deux façons qu'il est bon de combiner: 1° par injections sous-cutanées (300 à 500 grammes matin et soir); 2° à l'aide de l&proctolyse deMurphy : une grosse sonde étant introduite dans le rectum, on fait passer dans l'intestin sous très faible pression, de façon qu'il ne s'écoule pas plus de 1 litre par heure, une solution de 7 grammes de NaCl -et de 7 grammes de CaCl pour 1.000 grammes d'eau. Le litre étant absorbé, on arrête cette instillation durant une heure, et on recommence de manière à faire prendre à la malade 9 à 10 litres par vingt-quatre heures. Cette proctolyse, outre que, comme toute autre injection de sérum, elle remonte l'état général et calme la soif, présente encore le très grand avantage d'assurer des évacuations gazeuses par l'anus.
d. Huile camphrée. — Toutes les trois heures, on pratique une injection intramusculaire de 1 centimètre cube d'huile camphrée ; cette pratique est surtout excellente lorsque le pouls reste faible, malgré le sérum artificiel. Il est bien entendu, qu'outre cette substance, on aurait recours, pour combattre le collapsus cardiaque, à Véther, à la caféine ou à la strychnine. De même, les inhalations d'oxygène sont toujours de mise.
e. Lavages de l'estomac contre les vomissements. — Si les vomissements et la distension stomacale persistent après l'opération, il faut laver l'estomac, au besoin matin et soir.
Résultats opératoires. — En 1906, Jeannin, réunissant 121 cas de laparotomie pour péritonites puerpérales, trouvait une proportionde guérison postopératoire de 44 p. 100. Il est bien entendu que cette statistique est beaucoup trop favorable, les cas heureux ayant été plus souvent publiés que les autres ; iln'en est pas moins vrai que l'intervention permet de sauver nombre de ma-
La pratique de l'art des accouchements. I. — 43