‹ La pratique de l'art des accouchementsChapitre 392 sur 492 · C. JEANN1N · texte numérisé non relu

C. JEANN1N

Les résultats obtenus jusqu'ici sont peu encourageants : Williams, Fry et Pryor trouvent, sur 352 cas, une mortalité de 21 p. 100; dans 101 cas où l'examen bactériologique avait révélé la nature streptococcique de l'infection, la mortalité fut de 33 p. 100. Bar et Tissier, sur 12 cas, ont une mortalité de 50 p. 100. Cet échec du sérum de Marmorek s'explique par plusieurs causes: tout d'abord, la nature même de l'infection : bien des septicémies ne sont pas streptococciques. De plus, dans nombre de cas, le streptocoque n'est pas à l'état de pureté, mais en association avec un ou plusieurs autres germes. Gourmont et Van de Velde croient que le sérum n'agit que contre la variété de strepcocoque qui lui a donné naissance, restant inactif vis-à-vis de toutes les autres espèces de cocci en chaînettes ; aussi Van de Velde a-t-il créé un sérum polyvalent, actif contre plusieurs variétés de streptocoques. La puissance du sérum de Marmorek est peut-être insuffisante en présence d'une streptococcie très intense. Enfin, d'après Marmorek, le traitement local nuirait à l'action du sérum ; aussi Williams et Pryor ont-ils conseillé d'abandonner, dans ce cas, toute thérapeutique utérine : Bar et Tissier, Charpentier, Budin, Gaulard s'élèvent formellement contre une telle déduction.

L'emploi du sérum de Marmorek n'est, d'ailleurs, pas sans inconvénient. Bar et Tisiser (1896) ont bien étudié les accidents qui peuvent survenir à la suite des injections : la piqûre est parfois suivie d'un état de malaise spécial, capable de persister pendant vingt-quatre heures. Les injections déterminent une élévation de température d'un demi-degré ou d'un degré, se prolongeant dans certains cas durant deux ou trois jours. L'albuminurie est fréquente après ces injections. Celles-ci peuvent encore donner lieu à des abcès, parfois fort tardivement (au bout de dix-neuf jours dans un cas) : le streptocoque a été retrouvé dans le pus de ces abcès. Enfin, dans un laps de temps variant de trois à vingt jours, on peut voir survenir des érythèmes, de l'urticaire, des douleurs articulaires (également signalées par Williams), voire même un épanchement séreux intra-articulaire. Quant à la douleur provoquée par l'injection, elle est très faible si l'on fait usage de sérum de cheval.

Dans l'état actuel de la science, nous ne pouvons donc compter sur la sérothérapie pour combattre la septicémie puerpérale.

2° Lavage du sang. — Delbet, Duret, Tuffier, Lejars ont eu l'idée de traiter les septicémies chirurgicales au moyen d'un véritable lavage du sang réalisé par des injections massives de sérum physiologique. Duret, Bar, Maygrier, Bosq, Paté, etc., appliquèrent cette méthode au traitement des septicémies puerpérales. Le sérum est introduit en grande quantité, de 1.000 à 1.500 grammes en une fois, soit par la voie sous-cutanée, soit même par la voie intraveineuse: on suit, pour cette dernière, la technique en usage dans le cas d'hémorragie puerpérale ; la quantité de liquide injectée pourrait être alors de 4 à 6 litres par vingt-quatre heures (Michaux, Lejars). Enfin, tout dernièrement, Burtenshaw a proposé la voie intrapéritonéale : une boutonnière de 4 centimètres étant faite à la paroi abdominale, on introduit la canule de l'injecteur profondément, vers le bassin, un gros drain assurant le retour du liquide ;

Page 1