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LES ABCÈS DE FIXATION

l'irrigation est continuée pendant une heure sans interruption ; durant ce temps, on fait tourner la malade alternativement sur l'un et l'autre côté, pour bien baigner toute l'étendue du péritoine.

Le lavage du sang agit en diluant les toxines contenues dans l'organisme, en favorisant la diurèse, en stimulant le système nerveux ; il a donné quelques guérisons inespérées : Bar l'a employé avec succès chez une malade qui était dans le coma depuis plusieurs heures. Les idées actuelles sur la rétention des chlorures au cours des maladies infectieuses nous font réserver cette méthode aux cas où tout espoir paraît perdu.

3° Les abcès de fixation. — Traitement de l'infection par l'essence de térébenthine. — L'essence de térébenthine peut être employée dans le traitement des infections puerpérales généralisées, de deux façons : soit, d'après la méthode de Fochier, comme provocateur d'un abcès dit de fixation ; soit, d'après la méthode de Fabre, comme antiseptique interne, sous forme de sérum térébenthiné.

A. Méthode de Fochier : les abcès de fixation. — Historique. — En 1892, Fochier, se basant sur ce fait qu'une infection généralisée peut subir une amélioration soudaine lors de l'apparition d'une suppuration locale (phlegmon pelvien, arthrite, phlébite, etc.), proposa de créer artificiellement un foyer de suppuration, facile à traiter, dans le but de fixer en un point, la septicémie qui menaçait l'organisme. Il employa tout d'abord les sels de quinine, qu'il abandonna bientôt pour l'essence de térébenthine pure, dont Opitz venait d'étudier l'action locale. Cette nouvelle méthode compta bientôt des succès entre les mains de son auteur, ainsi qu'entre celles de Thierry, qui sur 13 cas, obtint 12 guérisons, de Ferrand, Switalsky, Robinson, Budin, etc. En 1903, Caries (de Bordeaux) consacre un très sérieux travail à l'étude expérimentale de cette méthode ; citons, depuis, les travaux de La Torre (1904), de Fabre et de l'école lyonnaise ; enfin le récent mémoire clinique de Boissard (1908).

Technique. — Le manuel opératoire est d'une extrême simplicité : en un point où le tissu cellulaire sous-cutané est suffisamment lâche, par exemple, au niveau des parties latérales de l'abdomen, on injecte, avec la seringue de Roux ou de Luer, 5 centimètres cubes d'essence de térébenthine pure, dans le tissu sous-cutané : l'injection doit bien être faite dans cette couche, et non pas dans le muscle, et encore moins dans le derme ; le liquide sera poussé avec une extrême lenteur, pour ne pas diffuser jusque dans la région dorsale. De même, il n'y a pas intérêt à dépasser la dose de 5 centimètres cubes, qui est largement suffisante; avec une plus grande quantité, on risquerait d'obtenir un phlegmon très étendu, avec vastes décollements (Boissard).

Quand, au bout de vingt-quatre heures, il n'apparaît aucune réaction locale, on pratique une deuxième piqûre du côté opposé et, au besoin, deux jours après, une troisième et ainsi de suite jusqu'à ce que suppuration s'ensuive. Fochier conseillait également, tant que l'infection ne semble pas jugulée, de ne pas ouvrir un abcès mûr sans avoir pris soin d'en provoquer un autre.

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