C. JEANNIN
Il est d'autres cas, où l'injection passe en quelque sorte absolument inaperçue : la courbe thermique n'en est nullement impressionnée. Le pronostic est alors sévère.
2° Résultats définitifs; efficacité de la méthode. — Que devient la courbe thermique dans les jours suivants ? Environ, une fois sur 8 ou 10 cas, on voit la température s'abaisser brusquement après l'injection, tomber de 40 ou 41° à la normale (voy. fig. 320), et s'y maintenir définitivement. Cette guérison, vraiment prodigieuse, et d'ailleurs nullement expliquée, avait permis de fonder grand espoir sur cette méthode.
Beaucoup plus fréquemment, la température ne revient à la moyenne qu'en trois ou quatre jours ; après cette descente progressive en lysis, on observe de deux choses l'une : ou bien la guérison est désormais acquise ; ou bien la température s'élève à nouveau et l'infection continue. Ces deux éventualités semblent se présenter avec une égale fréquence.
Enfin, dans un quart des cas environ, l'injection reste sans nul effet, ni immédiat, ni tardif.
Jugement d'ensemble sur la méthode ; ses indications. — A l'heure actuelle, la question du traitement par l'argent colloïdal est loin d'être tranchée. Voici, du moins, les faits désormais acquis :
1° Il s'agit d'une méthode capable d'être efficace, quelquefois même très rapidement ;
2° Cette méthode ayant entraîné, à titre très rare, il est vrai, des accidents mortels, par hémorragie, il importe de ne l'employer qu'à bon escient, et en essayant de se préserver de ces hémorragies (voy. plus haut) ;
3° L'injection intraveineuse n'a, dans la très grande majorité des cas, qu'une action de courte durée. Si donc ou veut obtenir tout l'effet possible, il faut répéter les injections intraveineuses, tous les deux jours environ, tant que la température ne revient pas à la normale. On peut, en outre, recourir à titre d'adjuvant, à la voie intramusculaire, ainsi que nous l'avons déjà dit.
Quant à V indication de cette méthode, elle est la même que pour le traitement par l'essence de térébenthine : c'est-à-dire qu'on y doit recourir quand il est évident qu'en dépit des moyens locaux, l'infection se généralise.
N. B. — Nous n'avons parlé, dans cette étude, que de l'argent colloïdal, mais il est bien entendu que plusieurs autres métaux, sous le même état, pourraient également être utilisés : c'est ainsi que l'on s'est servi d'or colloïdal, de platine colloïdal, etc. Tout récemment, on a proposé de recourir au Rhodium
Température
Fig. 320. — Courbe de pouls et de température chez une femme atteinte d'une inl'ection puerpérale ayant cédé à une injection intraveineuse d'argent colloïdal.
La température continuait à s'élever malgré le cureltage: elle tombe brusquement à la suite d'une injection intraveineuse de collargo!.