LES INFECTIONS MAMMAIRES
Étiologie et pathogénie. — a. Causes prédisposantes. — C'est, avant tout, V allaitement : il est rare d'observer une infection mammaire chez une femme ne nourrissant pas -, cependant Brouha, Demelin et Gadaud, Neufeld en ont cité des exemples.
La primiparité est un facteur important, en raison des difficultés inhérentes aux premiers essais d'allaitement.
Les vices de conformation, tels qu'un mamelon ombiliqué, ou très volumineux, mûriforme, prédisposent le bout de sein aux déchirures épidermiques qu'on nomme gerçures.
b. Causes déterminantes. — Tous les germes peuvent être cause d'infection mammaire: les plus fréquemment en cause sont les staphylocoques; le streptocoque y a été décelé par Georghiu, Chavanne ; le colibacille et les anaérobies, par Jeannin et Neufeld; on a également trouvé le pneumocoque, Y Oïdium albicans, etc. Dans un très grand nombre de cas, l'infection est polymicrobienne. Ces germes viennent des sources les plus variées, l'infection pouvant être hétérogène ou autogène.
1° Injection hétérogène. — Elle est le fait de la contamination du sein par les mains des personnes qui soignent la femme, par les linges et objets de pansement, les bouts de sein, les téterelles.
Les germes proviennent également des organes génitaux, et sont alors transportés par les mains de l'accouchée elle-même : d'où la coïncidence des infections mammaires et génitales.
Ils viennent surtout du nourrisson : nous savons, grâce aux recherches de Lewkowicz, Jeannin, etc., que la bouche du nouveau-né contient de nombreuses espèces microbiennes, même à l'état normal, espèces qui se multiplient dès que l'enfant est malade (gastro-entérite, broncho-pneumonie, etc.) ; a fortiori, le milieu buccal est-il contagieux quand il existe quelques ulcérations, telles que les plaques de Parrot où pullule le streptocoque, de la parotidite (Bonnaire et Keim), du muguet, etc. L'enfant peut encore contaminer le sein qu'il tette, s'il est lui-même atteint d'ophtalmie, de coryza, de tournioles, d'ecthyma, de pemphigus, d'érysipèle, etc.
2° Injection autogène. — Infiniment plus rare, elle est la conséquence des germes qui habitent la glande mammaire à l'état habituel. En effet, sur 41 examens de lait, Colin et Neumann ont trouvé 38 fois des microbes, principalement des streptocoques. Kôstlin y rencontre de nombreux staphylocoques; Honnigmann, Palleske, Charrin arrivent à des résultats analogues. Genoud a nettement établi qu'on ne trouve ces germes que dans les 15 ou 20 premiers grammes du lait que l'on fait jaillir du sein, le reste étant aseptique ; on doit en conclure que les microorganismes habitent les replis du mamelon et les canaux galactophores, mais qu'ils n'existent pas dans les acini glandulaires.
Les voies d1 injection sont multiples : C La voie lymphatique est la plus souvent suivie : les microbes pénètrent dans les lymphatiques à la faveur des excoriations du mamelon, si fréquentes puisque Winckel les rencontre 72 fois sur 150 nourrices ; ils peuvent envahir les vaisseaux superficiels ou profonds.