TRAITEMENT DES ABCÈS DU SEIN
très douloureux, il sera bon d'appliquer au préalable sur le bout de sein un tampon imbibé d'une solution de cocaïne. On termine en saupoudrant les crevasses de bicarbonate de soude dont l'alcalinité neutralise l'action irritante de l'acide lactique.
2° Traitement delà lymphangite. — Il consiste essentiellement en l'application, en permanence, de compresses humides, froides, fréquemment renouvelées. Ces compresses sont faites de tarlatane imbibée d'eau bouillie et maintenues à l'aide d'un bandage assez serré pour comprimer et bien relever le sein. Deux fois par jour, on fera sur ce sein des pulvérisations d'eau boriquée chaude, qui ont l'avantage de calmer la douleur locale. L'allaitement est momentanément suspendu du côté malade.
3° Traitement de la galactophorite. — Budin conseillait de vider le sein du pus qu'il contient par V expression mammaire : le pouce et l'index, appliqués près de la circonférence de l'aréole, appuient d'abord d'avant en arrière, puis, tout en pressant, se rapprochent de la base du mamelon, qu'ils compriment finalement d'arrière en avant ; cette manœuvre est répétée tant que l'on voit du pus s'écouler avec le lait. L'expression devait être pratiquée deux fois par jour, jusqu'à guérison de la galactophorite. Beaucoup d'accoucheurs, Bonnaire, Bar en particulier, rejettent cette méthode : ils lui reprochent d'être très douloureuse, inutile car elle laissera toujours du pus dans les acini glandulaires, dangereuse car elle traumatise le sein enflammé ; de fait, Bonnaire a vu, à sa suite, une panmastite à laquelle la femme a succombé. Aussi propose-t-il d'immobiliser complètement le sein malade dans un pansement glacé : soit le sac de glace habituel, soit un cataplasme composé de farine de lin et de petits fragments de glace, et qui a l'avantage de se conserver plus longtemps froid. Quel que soit le mode de traitement suivi, et ce dernier nous semble le plus rationnel, on aura soin de suspendre complètement l'allaitement pendant toute la durée de la galactophorite, et de vider le sein avant de le faire reprendre, pour la première fois, à l'enfant.
4° Traitement des abcès du sein. — C'est le traitement chirurgical habituel de tout foyer suppuré : tant que l'abcès n'est qu'en voie de formation, on se borne à des applications de glace sur le sein malade et à son immobilisation absolue. Une fois le pus collecté, on lui donne issue par une large incision, parallèle aux canaux galactophores, c'est-à-dire dirigée en rayon, du mamelon vers la périphérie du sein ; l'incision faite, on exprime bien la glande, on touche la plaie avec un peu de teinture d'iode ou d'eau oxygénée, et on y place deux drains; on termine par l'application d'un pansement aseptique qui sera renouvelé deux fois d'abord, puis une fois par vingt-quatre heures. Si l'abcès est très volumineux ou en clapier, il sera bon de pratiquer une contre-ouverture : Marmaduke-Sheild propose de la faire dans le sillon thoraco-mammaire.
Ces larges incisions sont chirurgicalement très supérieures aux ponctions au trocart, proposées par Pinard.
Il faut savoir, enfin, qu'en général la suppuration persiste longtemps, et que ce n'est, dans bien des cas, qu'au bout de plusieurs semaines, que l'on voit