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TEMPÉRATURE DU NOUVEAU-NÉ

membres inférieurs du fœtus, et le sang qui s'était artérialisé au niveau du placenta.

Dans les jours qui suivent, le système porte, resté très rudimentaire pendant toute la vie intra-utérine, prend un développement en rapport avec le fonctionnement du tube digestif (fig. 322 et 322 bis).

Du pouls chez le nouveau-né. — Un peu plus lent que chez le fœtus, le pouls du nouveau-né est environ deux fois plus fréquent que celui de l'adulte. A l'état de veille, on compte 140 pulsations par minute, chiffre qui s'abaisse à 120 pendant le sommeil, et s'accélère pendant les cris.

Du sang chez le nouveau-né. — Le sang représente, chez le nouveau-né, le 119e 1/2 du poids du corps, au lieu du 113e chez l'adulte (Welcker). Il possède pendant les premières heures une coloration noire qui diminue et disparaît rapidement avec l'occlusion du trou de Botal. Voici, d'après Labbé et Bezançon, sa composition :

a. Globules rouges. — Au moment de la naissance, il existe une légère hyperglobulie (6.000 000 en moyenne), qui s'accentue pendant les deuxième et troisième jours, atteignant alors 8.500 000 (Schiff) pour diminuer ensuite, de telle sorte qu'au sixième jour le chiffre des hématies devient, comme chez l'adulte, d'environ 5.000 000 (Lépine, Germond).

b. Globules blancs. — Plus élevé, lors de la naissance, que chez l'adulte, leur nombre est de 18.000 ; puis il s'abaisse pendant les deux premiers jours jusqu'à atteindre 4 à 6.000 le troisième jour. Chez le nourrisson, ce chiffre est de 7 à 8.000, mais peut subir de fortes oscillations.

c. Formule leucocytaire. — A la naissance, les polynucléaires sont nombreux et les lymphocytes rares ; mais ceux-ci augmentent très rapidement si bien qu'à partir du douzième jour ils sont en majorité ; il y a demi-inversion de la formule de l'adulte, du fait de la prédominance des mononucléaires. Toutefois, la proportion des polynucléaires s'élève progressivement : de 20 p. 100 au cours du premier mois, elle est de 35 à 40 p. 100 du troisième au cinquième mois, et atteint 50 p. 100 à un an. La richesse du sang en mononucléaires tient à la présence des lymphocytes, qui sont quatre à cinq fois plus nombreux que chez l'adulte. La proportion des éosinophiles est relativement grande et restera telle pendant toute l'enfance ; on peut en compter jusqu'à 7 p. 100.

Uhématopoïèse est très active chez le nouveau-né, étant en rapport avec le développement du corps ; elle s'opère dans le tissu myéloïde qui, à cette époque, n'est pas limité à la moelle des os, mais se retrouve dans le foie, la rate, l'épiploon, les ganglions. La production est tellement hâtive que certains éléments passent dans la circulation avant leur parfait achèvement, ce qui explique la présence, à l'état normal, d'hématies nucléées dans le sang du nouveau-né. Notons enfin le développement relativement considérable des organes hématopoïétiques, particulièrement du foie et du thymus.

Température du nouveau-né. — Au moment même de la naissance, la température centrale du nouveau-né est environ de 37°, 25, c'est-à-dire un peu supérieure à celle de la mère (Roger, Wurster, Alexeef , Lépine). Elle s'abaisse

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MAYGRIER ET JEANNIN.

pendant l'heure suivante, et cela d'autant plus que l'enfant est plus faible. Puis elle se relève, de sorte qu'au bout d'une à trois heures le thermomètre marque 37°,5 en moyenne (Wunderlich) ; il se maintiendrait à ce chiffre pendant toute la première semaine, pour s'établir ensuite à 37°.

Digestion. — Digestion buccale. — Elle est réduite au minimum chez le nourrisson : la mastication n'a pas lieu, rendue d'ailleurs inutile par la nature exclusivement liquide des aliments. La sécrétion salivaire est très peu abondante pendant les trois premiers mois, ce qui importe peu, car l'imbibition des aliments serait superflue. Zweifel a constaté la présence du ferment amylolytique dans la salive parotidienne dès les premiers jours, et dans la salive sous-maxillaire vers la fin du second mois; Schilling a trouvé constamment la ptyaline dans la salive des nourrissons âgés de neuf jours à six semaines. Le rôle de ce ferment saccharifiant ne compte pas à cet âge de la vie, le lait renfermant du sucre,mais ne contenant pas d'amidon.

Il est difficile de préciser ce que peut être le sens du goût chez le nourrisson ; ce dernier serait capable de distinguer les substances douces, salées, acides ou amères (Kussmaul).

Digestion stomacale. — Chez le nouveau-né, l'estomac est vertical, le pylore étant -situé sur la ligne médiane, à égale distance de l'appendice xiphoïde et de l'ombilic ; la grosse tubérosité est peu développée, ainsi que l'antre pylorique. La capacité stomacale varie avec de nombreux facteurs (âge, taille, régime alimentaire, etc.).

On peut admettre, en moyenne, que l'estomac jauge de 40 à 50 centimètres cubes à la naissance, 60 à 70 à un mois, 200 à 250 de six mois à un an.

Le développement histologique de l'estomac est imparfait à la naissance. La tunique musculaire est incomplètement formée, surtout la couche des fibres longitudinales ; celle des fibres circulaires ne forme pas encore de sphincter au niveau du cardia (Fleischmann) ; la couche des fibres obliques peut être absente. La muscularis mucosse ne devient distincte qu'à partir du sixième mois. Les glandes gastriques ont un calibre plus large que chez l'adulte ; les cellules mucipares sont très nombreuses, rendant relativement abondante la sécrétion du mucus chez le nouveau -né (Fenwick). Les amas lymphoïdes ne sont bien développés que dans la région de la petite courbure ; ils prennent une grande extension à partir du sixième mois (Fenwick).

La digestion stomacale porte surtout sur la caséine ; elle est l'oeuvre des trois substances contenues dans le suc gastrique :

1° La présure, pexine ou ferment lab, ferment soluble qui coagule la caséine ;

2° La pepsine, ferment soluble qui dissout le coagulum et le peptonise ;

3° Les composés chlorés, qui forment, en se combinant à la caséine en voie de transformation, des corps chloro-organiques analogues aux acides amidés. L'acide chlorhydrique libre fait défaut à l'état normal, ou du moins n'existe qu'en très minime quantité.

Le lactose subit en partie la fermentation lactique. Le phénomène est sous la dépendance des microbes de l'estomac, principalement du colibacille et du

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