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LES SELLES DU NOURRISSON

Le méconiura représente le reliquat de la desquamation épithéliale du tube digestif, de la sécrétion biliaire et de la sécrétion muqueuse gastro-intestinale. Aussi, l'examen histologique et chimique y décèle : des cellules ôpit héliales pavimenteuses (cellules du pharynx) et cylindriques (cellules de l'estomac, de l'intestin, de la vésicule biliaire), des leucocytes, des granulations graisseuses et grisâtres (Ch. Robin) ; des cristaux de cholestérine, d'hématoïdine, d'acides gras, parfois des savons calcaires ; une très grande quantité do matière colorante constituée par de la bilirubine, de la biliverdine et un pigment rouge d'oxydation ; des chlorures et sulfates alcalins ; de l'acide taurocholique ; quelques traces de fer; des ferments digestifs: présure, amylase, trypsinc (Pottevin).

b. Selles du nourrisson. — Les selles proprement dites apparaissent avec le début de l'alimentation ; se confondant d'abord avec le méconium, elles ne revêtent leur aspect caractéristique qu'après la complète expulsion de ce dernier, soit du troisième au cinquième jour ; il n'est pas rare de voir une teinte verdâtre persister jusqu'à la fin de la première semaine.

Chez l'enfant bien portant élevé au sein, le seul que nous ayons en vue actuellement, les évacuations alvines sont plus fréquentes que chez l'adulte, et cette fréquence est d'autant plus grande que l'enfant est plus jeune ; on compte, en effet :

3 ou 4 selles par 24 heures pendant le 1er mois.

2 ou 3 — du 2e au 6e mois.

1 ou 2 — du 7e au 24e mois.

Cette fréquence des évacuations dépend de causes multiples : l'abondance des aliments, le grand nombre des repas, l'état semi-liquide des fèces, la faiblesse du sphincter, l'impossibilité pour le nouveau-né de refréner le besoin d'évacuer.

Les selles ont une couleur jaune d'or et leur aspect rappelle celui des œufs brouillés. Leur consistance est semi-liquide, leur réaction acide. Leur odeur n'est pas fécaloïde, mais fade, rappelant le lait aigri. Les matières doivent être homogènes ; cependant on peut y rencontrer, même à l'état normal, quelques grumeaux blancs, mais toujours très petits et en faible quantité. Il n'est pas rare de voir les selles verdir dans les heures qui suivent leur expulsion : ce phénomène, qui n'a rien de pathologique, est dû à un excès de bilirubine qui s'oxyde sous l'influence de l'air.

Les matières fécales représentent, chez le nourrisson, 4 p. 100 de la nourriture ingérée (au lieu de 7 p. 100 chez l'adulte). D'après Monti, l'enfant rend de 3 à 5 grammes de fèces par kilogramme de son poids, soit, en valeur absolue, 15 grammes par jour pendant le premier mois, et pendant les mois suivants une quantité variable, mais qui peut aller jusqu'à 80 grammes. Ces chiffres varient beaucoup, toutes conditions étant égales par ailleurs, avec la ration alimentaire de l'enfant.

Les selles contiennent de l'eau, des déchets alimentaires, des résidus des liquides sécrétés, et des microbes.

MAYGRIER ET JEANNIN.

L'eau y figure en très grande quantité, 80 à 85 p. 100 environ ; aussi 15 grammes de selles humides répondent-ils à 3 grammes de selles sèches (Michel). Parmi les résidus alimentaires, on trouve quelques traces de matière protéique sous forme de peptones ; il n'y a ni indol, ni phénol, ni scatol. Les fèces ne renferment pas de sucre, mais des produits de fermentation du lactose: acides lactique, butyrique, acétique et valérique. La graisse, par contre, y est abondante, puisqu'elle constitue 9 à 12 p. 100 (Weyscheider), 20 à 30 p. 100 (Tschemow), 20 p. 100 (Michel), des matières desséchées ; elle existe à l'état de graisse neutre, de cristaux d'acides gras, et surtout de savons calcaires, oléate, palmitate et stéarate de chaux. La dixième partie des matières desséchées est constituée par des sels minéraux (de chaux principalement). Enfin, les selles renferment d'abondants résidus biliaires (pigments biliaires, cholestérine, acide cholalique), un peu de mucine, un ferment saccharifiant (Moro, Weyscheider), un ferment peptonisant (Baginski), un ferment inversif (Miura). Le microscope y décèle des débris d'épithélium, quelques rares leucocytes, et de nombreuses bactéries dont il a déjà été question.

Fonction urinaire. — Au moment de la naissance, la vessie de l'enfant contient en moyenne 10 centimètres cubes d'urine que la première miction évacuera (Martin et Ruge). Durant les deux ou trois premiers jours, le nouveau-né, absorbant très peu, n'expulse que de 12 à 36 centimètres cubes d'urine par vingt-quatre heures (Bouchaud), puis de 50 à 200 centimètres cubes pendant les troisième et quatrième jours, et de 200 à 300 centimètres cubes pendant la fin du premier mois ; à cinq mois l'enfant urine 900 à 980 grammes par jour (Camerer). Comparativement au poids du corps, la quantité d'urine émise est, d'après Parrot et Robin, Vierordt, de :

Durant les deux ou trois premiers jours de la vie, l'urine est assez foncée, et sa densité oscille entre 1 009 et 1 010. A partir du quatrième jour, elle devient d'un jaune très clair, presque incolore ; son poids spécifique s'abaisse à 1 003 et 1 004 (au lieu de 1 015 à 1 030 chez l'adulte) ; son point de congélation, A = — 0°,12 à — 0°,29 (Lesné et Merklen, Pierra et De la Lande) ; sa réaction est neutre (Parrot et Robin), ou très légèrement acide (Martin et Ruge). Son odeur doit être nulle, à l'état normal.

La quantité d'urée, éliminée par vingt-quatre heures, atteint 0^,15 kO&^b vers le dixième jour, ls^O à cinq semaines et 3 grammes à quatre mois.

L'acide urique apparaît dans l'urine du deuxième au troisième jour ; on en trouve dans l'urine des vingt-quatre heures : 0sr,021 du sixème au huitième jour (Martin et Ruge), 0^,024 du huitième au dix-septième jour (Huker), 0sr,15 à cinq semaines (Ultzmann). Le rapport de l'acide urique à l'urée est de 1 à 14 au huitième jour: ce rapport sera de 1 à 31 chez l'enfant de trois ans. 11 peut se former dans les reins des nouveau-nés des infarctus uratiques, fréquents surtout chez lesjprématurés.

68,5 ce. par kilogramme de poids durant le 90 ce. — — le

150 ce. — — le

1er mois, 3e — 5e —

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