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LA COUVEUSE

L'intérieur de la caisse est divisé, suivant sa hauteur, en deux étages par une cloison horizontale située à 17 centimètres du fond (fig. 330). Cette cloison est incomplète à l'une de ses extrémités pour permettre à l'air de passer d'un compartiment dans l'autre.

L'étage inférieur est destiné à recevoir l'appareil de chauffage. Différents systèmes ont été proposés, dont aucun, à la vérité, n'est exempt de tout reproche. On fait usage d'un grand réservoir rectangulaire en cuivre, rempli d'eau chaude et comblant exactement la loge qui le reçoit ; à ses deux extrémités sont fixés deux tubes: l'un muni d'un robinet pour l'écoulement de l'eau refroidie, l'autre portant un entonnoir destiné à l'apport d'eau chaude. On renouvelle ainsi l'eau chaude quand il est nécessaire, de façon à obtenir une

Fig. 329. — Couveuse Tarnier; modèle récent : Fig. 330. — Coupe schématique de la couveuse toutes les parois sont en verre. représentée dans la figure 32'.).

L'étage inférieur contient le réservoir d'eau chaude; dans l'étage supérieur on place l'enfant.— Les (lèches indiquent la marche du courant d'air.

température à peu près constante. On préfère, habituellement, se servir de boules ou de moines en grès, ou bien de boules métalliques qu'on remplit d'eau chaude; ces récipients sont analogues à ceux que l'on place dans les berceaux. Il est facile, en changeant une boule de temps en temps, d'entretenir dans la couveuse une température égale. Plus récemment, on a tenté d'appliquer à la couveuse le système de chauffage par les sels de baryte : Tissier, puis Macé, qui ont expérimenté ce procédé à la Maternité, lui reconnaissent le double avantage de conserver longtemps la chaleur, et d'être d'un emploi aisé pour le personnel. Cette question est actuellement à l'étude.

L'enfant repose dans l'étage supérieur de la couveuse, sur un petit matelas. Dans ce même étage, on suspend un thermomètre, et une éponge imbibée d'eau qui assurera l'humidité de l'air. L'air pénètre de l'extérieur dans le compartiment inférieur, par une trappe qu'il convient de ne jamais fermer complètement ; il s'échauffe au contact des boules, et gagne le compartiment supérieur par l'espace resté libre à l'extrémité de la cloison horizontale incomplète. Après avoir échauffé l'atmosphère de l'enfant, il s'échappe au dehors,

MAYGRIER ET JEANNIN.

soit par une petite cheminée d'appel, soit plus simplement par une série de trous percés dans un des côtés du châssis supérieur.

Il existe divers autres modèles de couveuse, parmi lesquels nous citerons les trois suivants : Difîre (de Montpellier) a imaginé une couveuse métallique en forme de berceau ; fermée en haut par une vitre de verre, elle est chauffée à l'aide d'une lampe à pétrole. C'est là un bon appareil ; on peut cependant lui adresser deux légers reproches : cette couveuse est d'un prix assez élevé et elle dégage une odeur désagréable.

Hutinel fait usage aux Enfants-Assistés d'une couveuse de son invention, simple et pratique : elle se compose essentiellement d'un berceau de porcelaine dans lequel on pose l'enfant, et que l'on recouvre d'une lame de verre ; sous ce berceau on dispose trois boules d'eau chaude. Le grand avantage de cet appareil est de pouvoir être très aisément tenu aseptique.

Signalons enfin la couveuse Lion qui n'est autre que l'adaptation à la clinique de l'étuve de Roux dont on se sert en bactériologie. Le chauffage est fait par un appareil à gaz, et l'uniformité de la température est assurée grâce à un régulateur de d'Arsonval. Théoriquement, cette couveuse est la plus parfaite ; pratiquement, son usage nécessite une installation particulière très complexe qui, jusqu'à présent du moins, en restreint beaucoup l'application.

Usage de la couveuse. — En règle générale, il faut placer en couveuse les prématurés dont la température est inférieure à 36° (fig. 331). Toutefois, quand l'hypothermie est moins marquée, on laisse l'enfant dans un berceau garni de trois boules d'eau chaude, une de chaque côté, la dernière au niveau des pieds. Tout le corps, le tronc comme les membres, doit être garni d'une couche d'ouate sous le maillot ; on met également, autour de la tête, un bonnet doublé par une lame de coton. La température de la pièce sera maintenue entre 19° et 20°.

Avant de placer un enfant en couveuse, celle-ci doit être soigneusement désinfectée. Les moyens les plus efficaces d'y parvenir sont, entre autres, soit de faire passer des vapeurs de formol, soit de brûler du soufre dans la caisse dont les parois sont ensuite bien lavées.

La température de la couveuse doit être maintenue à 28° environ. Dans les premiers temps de son emploi, on portait la température à 30° ou 32° ; l'expérience a montré que ces chiffres étaient trop élevés. En effet, Budin a fait remarquer que, dans ces conditions, l'enfant souffre de la chaleur : on le voit, en effet, crier et s'agiter en même temps que son corps est couvert de sueur. Aussi doit-on réserver le chiffre de 30° aux très petits prématurés, à ceux dont le poids oscille entre 1 200 et 1 500 grammes, et dont la température est audessous de 33° ou 34° ; quand le débile pèse 2 200 à 2 500 grammes et que sa température est de 36°, on peut se contenter de chauffer la couveuse à 25° ou 26°.

Le débile doit être placé en couveuse emmailloté. Certains accoucheurs (Bonnaire) préfèrent le laisser nu, de façon à lui permettre toute liberté de mouvement ; cette manière de faire est bonne, à condition d'exercer sur la couveuse une surveillance particulièrement étroite ; si la température vient à

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