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INCONVÉNIENTS DE LA COUVEUSE

ours

baisser, l'enfant est exposé à un refroidissement qui peut être mortel. Les recherches toutes récentes de Maurel conduisent à la mêmeconclusion. Detoute façon, il y a intérêt à n'habiller l'enfant que lâchement, afin de ne point l'immobiliser.

Toutes les deux heures, le débile sera sorti de couveuse pour le change et la tétée. On le tiendra alors dans une pièce bien chauffée, de préférence devant un feu de bois flambant. On aura soin de le maintenir à l'extérieur le moins longtemps possible. On profitera du moment du bain et de la pesée quotidienne pour nettoyer la couveuse, au moins d'une façon sommaire.

Le prématuré restera en couveuse tant que sa température n'a pas atteint 36°,5 à 37°; il est également bon, à cet égard, de tenir compte du poids de l'enfant ; c'est ainsi que Maygrier retire en général un nourrisson de couveuse lorsqu'il pèse 2.300 grammes en moyenne. Le changement doit se faire d'une façon progressive : on laisse la température de la couveuse s'abaisser à 24°, 22°, 20°, puis le nourrisson en est définitivement retiré et placé en berceau avec trois boules chaudes. Il n'est pas très rare d'observer alors chez ces enfants un abaissement de température : il convient, en ce cas, d'avoir momentanément recours de nouveau à la couveuse, qu'on maintiendra à une température de 25° ou 26°.

Bonnaire et M"c Landais ont conseillé, principalement lorsqu'il s'agit de débiles très petits ou malades, de faire passer dans la couveuse un courant oV oxygène : il suffit de placer devant la bouche de l'enfant un entonnoirde verre, relié par un tube de caoutchouc traversant l'un des trous d'aération de la couveuse à un réservoir d'oxygène. C'est là une excellente pratique.

Inconvénients de la couveuse. — Ce mode d'incubation artificielle rend d'indiscutablesservices,et il n'est pas douteux qu'on lui doit d'avoir pu sauver

Fig. 331. — Courbe de poids et de température d'un entant prématuré, pendant les six premières semaines. (Maygrier).

MAYGR1ER ET JEANN1N.

de nombreux débiles. Auvard, qui a été à même de l'étudier à ses débuts dans le service de Tarnier à la Maternité, a vu la mortalité, qui, pour les enfants pesant moins de 2.000 grammes, était de 66 p. 100, s'abaisser, avec la couveuse, à 38,6 p. 100.

Il convient toutefois de ne recourir à la couveuse qu'à bon escient, car elle peut être passible de certaines critiques que nous devons examiner. Ce sont surtout les pédiatres, Hutinel, Marfan, etc., qui lui ont reproché de présenter plusieurs inconvénients sur lesquels ils ont justement insisté. Le premier consiste dans la difficulté de maintenir la couveuse à une température égale. Les systèmes actuels de chauffage sont loin d'être parfaits, et le moindre défaut de surveillance peut amener une différence de température de plusieurs degrés, d'où résulte un danger : si la température s'élève à 34°, 36° et même 40°, comme le fait se produirait au cas où l'on renouvellerait, par exemple, toutes les boules chaudes à la fois, l'enfant souffrirait de cet excès de chaleur, et il pourrait lui-même présenter une forte hyperthermie ; c'est là, en général, un incident sans grande conséquence, qu'il est d'ailleurs facile de combattre à l'aide de bains tièdes. Si, au contraire, la température de la couveuse s'abaisse à 25° et au-dessous, le débile, exposé à ce coup de froid, peut être pris de sclérème, d'hypothermie, et même mourir dans les heures qui suivent.

La nécessité de sortir toutes les deux heures, pour les tétées, l'enfant de sa couveuse, peut être une occasion de refroidissement, pour peu que l'on tarde à l'y replacer ; si l'on a soin de ne le tenir à l'extérieur que pendant dix minutes à un quart d'heure, l'abaissement de température est insignifiant, grâce à la chaleur qui a été emmagasinée par les différentes pièces du maillot (Auvard).

La couveuse est d'une stérilisation difficile ; en pratique, il est impossible de la rendre aseptique. L'air qui y pénètre y apporte et y accumule toutes les poussières de l'atmosphère ; si l'on essaie de le filtrer à son entrée, on n'obtient bien souvent qu'une ventilation tout à fait insuffisante; l'enfant se trouve finalement placé dans une étuve maintenue à une température essentiellement favorable au développement des germes. Aussi Hutinel et Bertin ont-ils insisté sur la fréquence, du moins relative, des accidents infectieux chez les débiles en couveuse.

Ces inconvénients que nous venons d'indiquer doivent-ils faire préférer à la couveuse un autre dispositif? Dans les hôpitaux, on a essayé de la remplacer par les chambres d'incubation, locaux vastes, bien aérés, où un calorifère à eau chaude entretient une température de 23°, 25° ou même 28° ; le change se fait dans la chambre même. Ce système, dont l'idée précède celle de la couveuse, fut essayé par Pajot, à la Clinique de la Faculté, en 1884 ; Bossi et Guidi y ont depuis eu recours, en 1895, au Regio spedale degV Innocenti de Florence. Le grand inconvénient de ces chambres est de faire stationner, lors des tétées, les nourrices dans une atmosphère aussi chaude.

Dans la pratique de ville, on pourrait tenter de remplacer la couveuse par un berceau incubateur ; le berceau, garni de boules, est placé devant une cheminée où on entretient un grand feu; on l'entoure, en outre, d'un paravent que l'on recouvre d'une couverture de laine ; il est facile d'obtenir une

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